Les Fils du Vent...de la Mer et du Ciel
Les  Fils  du  Vent...de la Mer et du Ciel

Caminando se hace el camino

les histoires sont faites pour être racontée.

Les aéroports ont quelque chose d’uniques. Les gens vont viennent sans discontinuer, ils quittent quelqu'un pour retrouver un autre. Des départs, des arrivées, des escales plongées dans les dernières nouvelles ou le dernier Goncourt.

Ces aéroports ont quelque chose d'impersonnels, rien n'est commun mais tout est familier. On ne prête guère attention aux aéroports, pourtant ils sont pour tous ces fantômes errant dans ces couloirs aseptisés le début de quelque chose, ou la fin.

Que l'on rentre de voyage, ou que l'on rentre chez soi après un congrès à  l'étranger, l'aéroport est hors du temps. Pas encore rentré toujours pas parti. Le temps se suspend.

Restez  plusieurs heures dans un aéroport et regardez les gens. Ils sont tous plongés dans une espèce de bulle qu'il me parait difficile de briser.

j'ai trainé sur pas mal de continent et usé les bancs de pas mal d'aéroports, de new York à Buenos Aires, Rio de Janeiro, Tijuana, paris, Londres...

Aujourd'hui je suis à l’aéroport international de Genève.

16 Mai 2010:

Déjà une journée de train, presque loupé à Marseille, des changements, un long transit m’attend, une nuit à Genève, puis une à mexico...puis puis puis...

Puis je ne sais pas je n'en sais rien je ne veux pas savoir. J'ai trop réfléchi, trop rêver ce voyage, trop imaginer.10 ans sans doute avant de me libérer des contraintes de Babylone.

Et  voilà je suis là. J’attends. Certains penseront impatients de partir, mais c'est faux.

Le temps sonne juste pour la simple et bonne raison que je suis ou j'ai envie d'être.

J'ai toujours aimé les gares, les aéroports, je m'y suis toujours senti à l'aise.

Mais à ce moment mon cul posé sur le marbre froid de l'aéroport de Genève, je me dis que quelque chose est en train de se passer.

De là  à vous décrire quoi ceci est une autre histoire.

Je suis pour la première fois en train de réaliser quelque chose d'unique, quelque chose qui me tient  à cœur. Un rêve.

Mes soucis semblent loin derrière moi. Mais souvent les aéroports sont des mirages ils vous donnent l'illusion que tout va mieux, que tout va bien.

Mais c'est faux, vous vous sentez bien car vous êtes en train de fuir, assez lâchement.

Regardez la mine des gens que vous croiserez, ils semblent sur d'eux, apaisés, décontractés. Ils font le vide.

Le cul sur mon marbre glacial,  je fais pareil, mais cette fois je me sens different.je crois que je ne fui rien .Car en fait je n'ai rien et je ne sais même pas si je vais rentrer.

Il est tard. Mes paupières sont lourdes. Mes lectures sont interrompues par des clignements frénétiques incontrôlés.

Le marbre froid ne m'empêchera pas de dormir.

Pas la plus belle valse avec Morphée mais d'ici à là je me retrouve embarqué après avoir répondu aux questions qui empêchent les attentats: «avez-vous fait vos bagages vous-même" ou bien transportez-vous des objets contendants». Je me demande si cela est bien efficace et puis surprise une fouille privilégié un peu plus poussé, ou le paroxysme du délit de sale gueule ,et je m'appelle pas Saïd Ben Salam.

Passons bientôt je serais loin de toutes ces tribulations occidentales que j'ai bien du mal à comprendre et qui selon moi desservent le vivre ensemble et privilégie le sentiment de peur de son voisin.

D'un œil je fixe le petit écran en face de moi. Un œil qui cligne de sommeil. A peine embarqué, pas encore décollé, pas entendu les remarques des belles hôtesses en cas d'urgence. Mais putain je ne comprendrais jamais pourquoi ils ne me filent pas un parachute plutôt qu'un gilet sauvetage. Et comme dit Tyler Durden, l'oxygène ça fait planer.

De mon œil vaillant je distingue vaguement des chiffres qui ne signifient rien à l'échelle humaine. Mais saint ex disait que les adultes aiment les chiffres. Combien tu gagnes...?

Altitude : 10972m.

Vent 37 KM/H

Température: -52 degrés Celsius.

Vitesse au sol : 897 Km/h.

Avec ça on est bien avancé.

L'homme est vraiment capable de créer des choses extraordinaires, fruits d'années de travail d'hommes, capables de dépenser des milliards pour défier les lois de la granit de newton. Par contre il est assez con ou égoïste pour laisser l 'Afrique crever la dalle.

Je ne suis ni un reac, ni un révolté, ni un new 68 ards. Mais putain je comprends plus rien, même si je n'ai jamais vraiment rien compris.

17 MAI 2010:

Je ne sais plus très bien si je dors ou si je suis encore éveillé

2H00 du matin heure locale. Aéroport de Mexico.

Des transits comme seul les errants peuvent les supporter sans chouiner pour un rien. De longues attentes pas si éprouvantes que cela, tenu en éveil par l'incroyable aventure qui se dessine. L'inconnu. Pas savoir ou manger, quoi manger, quand manger...des choses auxquelles nous ne pensons plus dans notre joli quotidien et CON-fort.

Je lâche prise lentement, mon corps et mon esprit se désoccidentalisent. Le décalage horaire m'aide terriblement.

Genève-New York: 5 heures de moins.

New York -Mexico : 2 heures de moins.

Mexico -Tijuana: 2 heures de moins.

Donc je suis parti hier soit le 16 mai, et 9 heures de vol entre le vieux et le nouveau continent, puis 4 heures d'escale à New York, puis 5 heures de vol entre la grande pomme et Mexico , et une nuit d'attente à Mexico, puis 3 heures plus tard Tijuana.

Eh bien voilà, on sait plus quelle heure il est à Paris. Je n'ai jamais rien compris à ces calculs de méridien. Mais ce que je ne comprends encore moins c'est pourquoi les gens qui changent de fuseaux horaires se creusent les méninges pour savoir quels heures est-il là où ils vivent.

Dans cet aéroport de Mexico, les questions de mon compagnon que nous appellerons Mickael pour l'instant attise mes réflexions. Ils posent ses yeux d'enfants sur chaque détail. Des yeux qui se remplissent de quelques larmes, témoin du poids d'un quotidien un peu trop lourd pour ses larges épaules. Pourtant le confort est plutôt sommaire. Je ne me suis pas lavé depuis un long moment, mais j'ai brossé mes dents Maman.

Son visage me réconforte. Je suis si fier d'être là avec lui. Demain j'embarque pour la Tante Juana (TIA-JUANA, devenu avec Tijuana).

J'ose me dire que je suis sur le bon chemin.27 ans pas trop envie d'un CDI, à la branque, pas envie de rentrer manger la soupe froide qui fait des grands slurp. Enfin je crois que je ne sais pas très bien ce que je veux. Toutefois je sais ce que je ne veux  surtout pas, et même ça ce n’est pas bien clair. En tout cas j'avance, inspirer par les uns et les autres.

Aéroport de Mexico, Mickael s'endort lentement mais je suis le témoin de rien dans cet aéroport. Du même balai qu'a new York, Genève. Des vas et viens. Je n'ai plus sommeil. Je ne veux plus rien loupé. Je ne rêve pas. J’y suis.

Nous avons tronqués quelques euros en pesos rangés soigneusement pour éviter les désagréments comme le signalent les guides éternels qui accompagnent nos attentes.

Et parfois quelques silences entre nous chacun plongés dans l'exploration de son Moi freudien. Quelques errances pour se dégourdir les jambes, revenant et racontant une anecdote sans consistances. Mais dans ce début de légende aller chercher un café devient une aventure et le quotidien truculent d'extase.

Fatigué et heureux, nous embarquons pour Tijuana après s'être rendu compte que nous nous étions trompé de Terminal 20 minutes avant d'embarquer. Un détail. Mais ce sont ces détails qui se transformeront en souvenirs inoubliables.

18 Mai 2010:Tijuana.

Putain de bordel de merde sont à peu près les seuls mots qui me viennent aux doigts.

Je viens de subir une dépressurisation sociale. Rien ne me rappelle chez moi, qui me parait déjà si loin et comme je le prévoyais je me sens chez moi dans cette Amérique Centrale. C’est mieux ainsi parce que je suis là pour trois mois et 6000 kilomètres jusqu'au Panama.

Rien n'est identique. Rien n'est n'ont plus si différent.

Je me demande comment sur ce bout de planète bleu perdu dans le système solaire, deux entités sociales peuvent se développer si différemment. Pas les mêmes lois, pas les mêmes conventions, pas les mêmes concepts, pas les mêmes idées reçus.

Tequila, Sexo y Marijuana. Tacos dans des endroits mal famés, sales, je peux l'avouer puant le rance et le houblon séché. Les services d'hygiène d'Europe s'en frotteraient les mains.

Il est 22H00, l'heure ou  dans le doux  pays de mon enfance  tu as du mal à trouver un restaurant ouvert ou un bar qui veut bien t'accueillir à la condition de porter les chaussures et la veste adéquate.

Tu ne te poses pas trop ce genre de question ici.

L'ambiance lugubre n'est qu'une illusion gommée par le désir de partager des locaux.

Rien ne sera plus comme avant pour moi pour Mickael et entre nous.

Tijuana comme Salvador de Bahia au Brésil sont des lieux qui vous changent à jamais. Les bars, l'activité permanente de la  rue, l'insalubrité incessante, les prostitués entraîneuses, les hommes qui veulent vous vendre de la came, des hommes des femmes, des enfants, des souvenirs, des cartes postales...Tous ce joyeux bordel n'arrivent quand même pas à créer ce fameux sentiment d'insécurité si cher à nos politiciens de droite.

Il est 1 heure du matin, pas même l'esquisse d'un problème. Certains diront que nous avons eu de la chance.je dirais plutôt que nous sommes bénis.

Parce que je me souviens que dans un bar miteux que nous avons expressément quitté je revois derrière Mickael un gros porc de gringo caressait le zizi du serveur Mexicain du serveur bodybuildé. Eh oui la merde ne sent pas meilleur ailleurs. Mais personne ne nous as forcé à entrer là. Mais surtout personne ne nous a empêchés d'en sortir. La liberté commence elle ainsi.

Dans un autre bar mais celui-là vraiment pourri, après un regard pesant des trois clients accoudé au comptoir en zinc. J’ai faim et j'ai soif. Je me retrouve à discuter avec ces trois bonhommes assourdi par du métal sorti d'un juke-box rouillé

L’un d'entre eux est américain, la cinquantaine, il vient ici depuis 25 ans, boire des bières pas chères, surement une prostitué, et retrouvé ces amis mexicains.

Il n'a jamais supporté San Diego et encore moins aujourd’hui. Il semble un peu perdu si on se confère aux conventions occidentales, et tous les blablas sur la réussite sociale que l'on m'a rabâché toute ma scolarité et mon éducation. Travaille bien à l'école et tu auras un beau métier.

En tout cas je ne sais pas s’il a réussi. Mais en tout cas il a l'air heureux. Mais avoir l'air heureux est si aisé. Et j'en sais quelque chose. Je ne sais pas si j'ai rencontré beaucoup de gens qui vivent ce dont ils ont secrètement rêvé un jour. Beaucoup ont manqué de courage pour y arriver, d'autres ont fait des mauvais choix.

Lui il a l'air vraiment d'assumer toute cela. Moi un peu moins mais ici ça va.

Quelques bières plus tard l'endroit me parait encore plus deguelasse, peut-être parce que j'ai dû soulager ma vessie à toilette du troquet. Mais je me sens vraiment vivant.

Et pour la peine je chie de plus belle sur cette Europe aseptisé à la Sarko ou ne résonne que les mots profits, travails...

J'étais sur avant cette rencontre avec la tante jeanne que cette vie ne me correspondait pas trop. Je suis désormais certain qu'elle ne me correspond plus du tout.

Et je rêve, pour qu'un jour nous puissions trouver un système démocratique acceptant la débauche pour éviter la morosité  et la règle, pour éviter l'anarchie.

Des hommes naissent, travaillent, se soignent, se marient, mangent, boivent dorment, meurent.

Mais ils n'ont pas dans leurs yeux cette pâleur reflet de leur âme désabusé. L’Europe vieillit. Ils sont vivants de toutes les bonnes choses que notre système veut nous enlever. Je ne rêve pas de prostitution, de drogue en vente libre, d'orgie. Juste allumer une clope au resto après un bon café.

Mais allez y vous comprendrez ou pas. Certains trouveront cela abusé déconné pervers. D’autres me diront mais pourquoi tant de mexicains fuient ton paradis pour rejoindre  les Etats Unis d'Amérique. Je vous répondrais que beaucoup ne le veulent plus et sont prêts à se retrousser les manches pour faire croitre leur pays.

Viva Tijuana, viva Zapata, viva la libertad.

19 mai 2010:

Pour preuve que notre voyage n'a rien de tourisme sexuel. Nous ne sommes même pas allés au bordel et passé qu'une soirée dans la ville du diable.

Enfin nous avons quitté les vices du diable pour un autre diable. Mother fucker.

Nous arrivons à Ensenada à quelques heures de bus de Tijuana vers le sud vers le sud vers la péninsule de la Basse Californie.

Comme une petite sœur, sans la frontière, sans la folie, mais avec des charters de touristes nord-américains. Choc. Les prix sont en dollars et ont vous hèles à grand coup de eh gringo...s'adressant à vous en un anglais très maîtrisé.

Mais j'ai ma réponse: YO, no soy gringo. Soy Françes. J'insiste pour parler espagnol et payer en pesos.la plus part comprennent que je ne suis pas là pour la même chose que tous ces autres et finalement je finis par payer ma bière moins cher qu'au début de la discussion. Je n'ai rien vraiment rien contre l'impérialisme américain. Mon voyage n'a rien d'une quête à la Ernesto Guevara. C’est plutôt un voyage anthropologique. Je me refuse à rentrer dans des préjugés à la con.

Ensenada, c'est un peu Biarritz. Enfin jusque à la tombée de la nuit. Après c'est le Mexique qui retrouve ces droits. Toujours les mêmes, les filles de joies, du sexe, les filles de joies, le sexe. L’Image de la femme est sale dégradée. A vomir, vraiment.

L'ambiance n'est plus du tout la même que la journée. Car les touristes ont regagné leur paquebot encré au large. Nous errons donc et ne retrouvons rien de bien différent qu'hier soir.

Poussé par notre curiosité nous profitons et j'en ai un peu honte des offres de touristiques qui se développent pour quelques dollars et un permis de conduire.

Et je me retrouve au commande d'un quad de 250 cm 3.Sauf qu'on nous a rien dit, et comme d'habitude on a filé tout droit jusqu'à San Miguel, jardin d'Eden ou Jim Morrison venait boire quelques Tequila. Sauf que pour aller à cette plage méconnu mais légendaire nous avons emprunté la route fédérale (un peu l'A8 de chez nous) Nous avons été arrêté par un péage, sinon nous allions jusqu'au Etats unis. Je me revois me faire doubler à pleine vitesse par des semis remorques énormes. Complètement cinglés. Mais pas tant enfin un peu quand même, et cela me tire quelques sourires quand je revois comme je parais petit à côté de ces monstres de métal. De ci par là et peu par las bas, nous rentrons en ville, explorons un vestige géologique, repaire à touriste. Des come on lancinants et monocorde berce notre promenade. Mon espagnol permettant de sortir de cette caricature. Mais le tourisme est ainsi fait. Ce n’est pas cela que nous souhaitons.

Et je crois que c'est ce même jour que nous avons décidé d'un commun accord de nous séparer de son éminence le routard, pour devenir notre propre guide.

Mon espagnol bien que déjà un peu avancé après mes quelques pérégrinations en Amérique du sud s'améliore. Enfin il s’enrichit d'un espagnol de la rue, de la calle, de hijo de puta, pas de l’espagnol, en fait du mexicain. Mes professeurs sont le peuple.

Mon seul désir est de passer inaperçu et de rencontrer un profond Mexique.

Je n'ai pas précisé mais j'ai vite compris que toutes les grandes villes du nord du Mexique sont faites de la même façon .Une partie avec bars et resto réservé  aux touristes et l'autre celle où vivent ceux  qui servent les touristes, avec d'autres bars et d'autres resto. Un peu  comme chez nous. Il y a la France qui se lèvent tôt, qui travaillent et il y a celle qui lui préparent son  petit déjeuner.

Je n'ai pas besoin de vous préciser dans quelle partie d'Ensenada nous avons pris notre dernier tacos. Dans une cantine ou on vous sert une soupe chaude et des haricots ou même le pire des miséreux peut se payer à bouffer. Et puis s’il n’a pas assez Juana lui offrira quand même un petit quelque chose.

Ces mêmes petits endroits populaires qui ont définitivement disparus en Occident. Sans doute parce que chez nous on ouvre des restos à crédit et on sert à manger pour le rembourser. Ici on tient une cantine parce que c'est ainsi et s’il manque quelques pesos dans la caisse ce soir on ne va pas en faire un drame.

Tout est flou dans ma tête et si j'ai à vous décrire cet instant dans la cantine de Juana.

On nous sert au comptoir, les occupants ont à peine levé la tête, juste pour nous saluer, comme si nous venions ici depuis trente ans. On nous prévient poliment qu'ici on  ne sert qu'une nourriture typique. Elle était presque gênée Juana, la patronne. Sa mère, 80 ans, trône  derrière le comptoir  et encaisse dignement les maigres recettes de clients pas franchement blindés, je dirais même plutôt fauché.

Je mange discrètement. Moi aussi presque gêné. Nous n’échangeons guère avec mon compagnon. L’alchimie prend ici. L'aleph.

Puis elle me demande pourquoi je suis ici.

Elle me prend au dépourvu. Putain je n’en sais rien. Je suis la parce que...

J'hésite et le lui répondrais ce que j'ai dans le cœur ou plutôt sur le cœur. Mon aversion pour le mode de vie occidental basé sur le profit à outrance et la propriété materielle.et blabla blabla et blablabla....ma mère me prend pour fou quand je parle de cela.

Les yeux  de mon ami et compagnon de route se remplissent  de larmes.

J'ajouterais que je suis là pour les gens, le peuple, échangé.

Elle répondra que ma démarche est pure, et mon cœur est bon .Que nous sommes des amoureux de Dieu. Vous êtes des missionnaires?

Non Juana. Je lui dis que j'aime l'amour, les gens. J’ai décidé de ne pas le nommer. Ni Allah, ni Bouddha, ni Jésus. Juste Amour. Elle comprend mon choix, mais me dit que c'est la même chose, en ajoutant qu'il y a ceux qui croient en Dieu et ceux qui aiment Dieu.

Nous nous aimons Dieu, dit-elle.

Les yeux de Mickael sont inondés.

En fait non, je devrais dire que les yeux de Miguel sont inondés.

En fait non il faudrait vraiment dire que les yeux de Miguel de la Cerna sont inondés.

48 heures, Mickael est devenu Miguel de la Cerna.

Et puis tout devient vraiment flou.

Elle prend ma main. Elle prend celle de Miguel. Nous formons un cercle ou personne ne peut s'insérer. Une ronde sur un comptoir en zinc d'une cantine du nord du Mexique.

Elle se lance dans une longue litanie ou elle supplie Dieu de nous protéger dans notre quête, nous remercie d'être passé par chez elle. Elle remercie des saints, elle parle vite trop vite. Les mots résonnent dans ma tête. Miguel ne contient plus ses larmes et lâche par ses yeux verts profonds le trop plein de son âme. Elle déborde.

Amen.

Il me manquera un peu d'espagnol pour prier avec elle.

Il me manquera un peu d'inspiration pour lui dire  à Juana, au combien  j'étais heureux et fier d'avoir mangé dans son établissement. J’étais un peu chamboulé je l'avoue moi aussi.

Même si la fierté reste un pêché.

Il y a des gens qui son beau sans qu'ils s'en aperçoivent. Juana fait partie de cette petite minorité.

Va con Dios.

Nous sautons dans un bus pour Guerrero Negro, un peu plus au sud. Vers le Mexique. Nous n'arriverons là-bas qu'à 4 h du matin. Une bourgade plantée au milieu du désert de Vizcaïno. Le pays du sable et du vent. Le trajet me révèle de nouveaux sentiments  et resurgit l'appréhension de l'inconnu. Il faut dire que nous sommes sortis des sentiers battus. L’obscurité augmente avec sensation l'idée que nous ne sommes plus du tout à la maison. Ce qui veut dire en sécurité. Je suis grand et je me rends compte que j'ai encore peur du noir. Les visages de nos compagnons de voyage ressemblent à ceux de passeurs de drogue en cavale et les lieux où nous nous arrêtons sont des endroits où nous aurions pu disparaître à jamais .Les militaires  s'immiscent dans nos rêves en plein milieu du transit et renforcent l'idée que le cauchemar n'est pas si loin. Ils brisent le silence l'obscurité nos rêves. Les militaires sont un peu les mêmes ici et ailleurs.

Mais il ne se passera rien, rien de plus ou de moins qu'ailleurs. Une sensation de malaise qui va disparaitre avec l'arrivée du jour, et le lit confortable de notre motel de la route 66.

20 mai 2010:

Guerrero Negro aussi se divise en deux. Pas en deux parties comme les autres villes, mais en deux périodes. Décembre à Mars, tourisme lié au spectacle que donnent les baleines qui viennent mettre bas au large. Le reste de l'année, du sable et du vent.

La première impression est celle d'une ville fantôme du far West. De grands motels ne tournent qu'une partie de l'année, le reste du temps on s'occupe à préparer la saison touristique qui s'annonce. Mais les gens de Guerrero Negro ne s’embêtent pas trop avec les détails. Seule l'avenue principale est goudronnée car c'est la seule qui sert aux touristes et c'est la même qui mènent aux lagunes pour contempler les baleines. Mais quand je pose mon regard sur mes chaussures, j'ai déjà les pieds dans le sable. J’ai presque l'impression que Sentenza ou Tuco vont venir me demander une roulé.

Miguel est rentré se reposer.

Et il me faut trouver un moyen d'explorer les espaces qui se présentent à nous.

Je vais, je viens mes yeux fusent sur les devantures de magasin usés par le vent et le sable. J’aimerais bien trouver un loueur de vélos. Mais je ne me suis pas encore acclimater socialement au Mexique. Je suis encore à chercher un loueur de vélo en bon uniforme, qui me demanderait une caution de 100 euros pour chaque bicyclette. Et il est vrai qu'en cherchant avec ce raisonnement je limite mes chances. Je dois me souvenir que je suis El niño Del viento, fils du vent et des cigales de Provence.

Dans une des rues ensablées perpendiculaires à la grande rue goudronnée, j'aperçois une roue de vélo qui Depasse. Et ben le voilà mon loueur de vélos je me souviens m'être dit. Il est vrai que tout est possible. Et en quelques secondes je me retrouve face à la boutique qui n'est autre qu'un atelier de matériau de gros œuvre, genre Monsieur Bricolage. Mais il vend quelques vélos, pour le beurre des épinards. Mince alors, je croyais avoir trouvé. Je me revois tourner les talons un peu déçu mais pas découragé pour autant. Et puis je me souviens aussi m'être dit et minot tu n'es pas sur la côte d'azur t'es à Guerrero Negro. Le champ des possibles est plus large qu'une piste d'atterrissage. Il y a désormais un loueur de vélos enfin de bicyclette à Guerrero Negro. Mais c'est un secret, ou alors demander au Routard, eux ils doivent savoir. Ils ont toujours de bons conseils.

Je réveille Miguel et il enfourche sa bicyclette. Elle doit un peu ressembler au premier vélo de Pépé Claudus de la valette, il y a 50 ans. Mais peu importe le flacon. Pourvu qu'on puisse se faire l'apéro.

Je traverse de longues étendues de sables, des lagunes interminables. Des marées salants à perte de vue et avancer sur cette route caillouteuse est un cauchemar. Les pavés du nord peuvent aller se rhabiller. Pour dire la vérité j'en chie grave et me dit que je n’ai pas toujours des bonnes idées.

Mais même là au pays du rien, le rien vous réserve des surprises. Ma peau de gitan est burinée par le soleil.

Nous rencontrons un pécheur au bout de ce rien de sable. Il vient la chaque fin de semaine pour agrémenter les repas du débit de semaine. Je me retrouve très vite ligne à la main à côté de Santiago.

Des travailleurs d'une mine de sel perché sur leur pickup up nous font la causette. De par le monde les gens travaillent et le smic ici n'est qu'une utopie.

Je comprends désormais sur mon vélo de fortune que le seul intérêt de ce voyage, ce n’est pas moi, c'est les autres.

Un désert de sel au nord du Chili ou au Mexique est un désert de sel. Les couleurs sont différentes, les sensations, la température, le dénivelé. Mais cela reste une étendu de sable à perte de globe oculaire.

Mais les Hommes qui vivent dans ces déserts le rendent différent et unique au monde. Les hommes sont l'espèce endémique à leur environnement.

On rentre rendre nos vélos à notre "loueur", qui aura bien tenté de nous les vendre. Nous croiserons avec surprise deux cyclistes français à la recherche d'un motel pas cher. Il parcourt le monde depuis un an. Et je trouve ça plutôt cool. Jusqu’à un certain point quand il refuse de dépenser 0,80 centime d'euros pour un hôtel. Et puis après tout chacun à son budget et je peux comprendre. Mais quand monsieur me demande ce qu'on a fait aujourd’hui, je lui réponds qu'on est allé jusqu'au bout de la lagune à 25 kilomètres. Un silence s'installe. Il le rompra en sortant sa carte et son compas pour me dire non il y a 30 kilomètres, je l'ai trouvé définitivement cons.

22 -23-24  Mai 2010

Je commence à me demander pourquoi je me retrouve toujours au milieu de ces étendues arides. C’est la question qui accompagnera  mon esprit en traversant l'immense désert qui séparent Guerrero Negro à San Ignacio, deux cent kilomètres plus au sud.

Et vous savez quoi je n'ai pas de réponse et commence à accepter le fait qu'on ne peut pas répondre à tous. Ma tête s'est enfin arrêtée de penser. Ces mêmes penses qui vont et viennent sans cesse me harcèlent jusqu'au matin. Rien quedalle.

Des questions, des doutes oui mais pas de stress, pas d'insomnie.

Justes des questions simples naïves qui ne nécessitent aucunes réponses. Enfin pour l'instant. J’attends de voir quand ma tête va se remettre à émettre des signaux impétueux synonymes selon les professionnels de l'esprit d'une souffrance enfouie.

Je crois avoir une idée. Tu as déjà peur du retour, El Nino, mais tu viens à peine de partir. Mais je préfère laisser cela de côté et profiter du spectacle unique que m'offre l'oasis de San Ignacio. De ce calme de cette sérénité pour laquelle j'ai fait tant de concessions. Tout reste comme je l'imaginais simple et immatériel.

2000 personnes vivent ici recluses sur eux même profitant des biens faits de la nature. Le temps tourne autour du travail à la ferme la semaine, samedi on prépare la messe du dimanche matin, suivi d’un match de base Ball en après-midi. Et bien le programme s'est fait lui-même. Au rythme des gens.

Nous sommes posés pour trois jours sur les berges d'un lac. Un campement sommaire et  agréable, un hamac. Nous attendrons ici le temps qui s'écoule. Pour seule préoccupation le feu qui nous sert de plaque vitro céramique.

Lecture, errance physique et mentale.

Vous me direz Mais qu'est-ce que vous avez fait pendant trois jours. Rien.

Et puis pas tant rien que cela.

Nous sommes là bien présents dans l'instant qui nous procure une immense sensation d'aisance.

Le corps, l'esprit et la situation s'entremêle pour créer une harmonie, qui parfois me fait défaut là-bas. Personne ne me manque. Rien n’est de trop. Le minimum est le nécessaire. Je ne veux rien d'autre que cette alchimie de ma chair, mon âme et du lieu où ils se trouvent. J’ai l'air fou. Souvent je me suis senti bien dans des lieux insolites ou même sur mon canapé, mais mon esprit lui était présent par intermittence.

 

Insertion paragraphes

Anniversaire solo de manouche

 

Ici tout est accordé. Une seule note. Le vent, les oiseaux, le bruit des hommes, le crépitement du feu le clapot de l'eau, le soleil couchant, cœur battant, yeux clignant, cheveux au vent, hamac balançant et ces putains de moustiques me piquant. Mais rien ne nuit à l'Instant Monsieur Keating sans vouloir rentrer dans le préconçu soixante-huitard de carpe diem.

 

Aurais-je été aussi bien si j'avais été dans ces lieux un an auparavant. Sans doute que non ou pas.

Le bonheur n'est pas là ou on va mais là où on nait et ou on est.il n'est en aucune façon une quête. Et prendre le défi de vivre heureux comme un challenge est déjà l'avoir perdu d'avance.

Dans ce jardin d'Eden j'ai l'impression de trouver le chemin. C’est bien Néo, La cuillère n'existe décidément vraiment pas.

Finalement le temps passe vite à vivre dans le confort minimum. Sans toute les commodités de la ménagère faire à manger pour deux gaillards prend du temps .Mais quel bonheur de faire chauffer des tortillas sur un bucher et deux œufs au plats sur une feuille d'aluminium en guise poêle. Deux ananas frais tranchés à l'opinel.

On oublie parfois que les meilleurs choses sont souvent les plus simples.

25 Mai 2010: 72Kilomètres.

Nous avons longtemps imaginé notre départ de San Ignacio vers Santa Rosalia, car nous avons eu le temps d'y penser. Sans toutefois nous tendre et rompre l'oisiveté ambiante. Pour preuve avant de s'endormir nous n'avions toujours pas régler le problème. Deux options faisaient phantasme nos esprits vagabonds.

72 kilomètres de désert ou les cactus font leur loi.

Stop à l'arrière d'un pickup, cheveu au vent.

Gros camion de routier au pare buffle chromé.

Et puis il nous restera le bus si nos phantasmes échouaient.

Mais la chance ne sourit pas à ceux qui lui font la gueule. Mais nous ne sommes pas chanceux pas vrais Juana, nous sommes bénis.

Tente pliée, ultime œuf au plat sur plaque en alu dans notre jardin des Hespérides.

Miguel tend son pouce. Un peu comme dans un rêve ou dans un film. Dans la vrai vie, tu peux rester la toute la journée à attendre en plein cagnard.

Vivre un rêve. Perché à l'arrière du pickup sur mon sac, en face de mon ami, au milieu du désert qui s'étire de tous son long jusqu'à l'horizon. En tête à tête avec moi-même. Certains d'avoir accompli un rêve de gosse. Le sentiment de liberté est unique. Mais les mots sont peu adaptés à exprimer ce genre de sensation. Que puis-je en dire? Seulement qu'il me paraitra difficile de regagner une vie sédentaire asservi aux contraintes contemporaines.

Ça te passera ils m'ont tous dit. Presque 30 ans, c'est là dans le moindre recoin de Moi.et ca grandit de plus en plus, une croissance exponentielle qui se nourrit du présent. Je suis vivant. Grâce à Dieu il dirait ici, mais je dirais plutôt à cette envie perverse de vivre sur la route.

72 kilomètres plus au sud. Le souvenir est impérissable. Personne ne pourra me l'enlever.

Et bien putain le guide du routard qu'on a consulté par le net nous as encore bien informé. Et du coup on va attendre la  nuit à Santa Rosalia, puisque le bateau n'est que demain. Enfin on ne va pas chipoter

 

26 Mai 2010:

Santa Rosalia a une spécificité au Mexique, son église a été construite par Gustave Effel. Et à part ça, je crois qu'on est crevé et que notre corps et notre esprit commencent  à décompenser. Il nous faut traverser la mer de Cortes

On commence à parler d'hier, des premiers souvenirs.

Elle parait loin la Basse Californie et ses allures de petites américaines un peu timide toutefois. Un long transit de marins entre santa Rosalia et Guayamas, 120 kilomètres à 8 nœuds. Soit 10 heures de bateau. Normalement le bateau va plus vite mais un des deux moteurs est en panne depuis deux ans.

Et cinq jours après on se retrouve sur la barque motorisée avec nos deux cyclistes épris de précision. Apres tout je me suis dit que pour un mec qui fait le tour du monde à vélo, cinq kilomètres sont sacrément important. Madame la cycliste tentera bien d'entrer en communication, de me parler de sa traversée de l'Iran, du Koweït. Je me demande si je suis jaloux, ou s’il ne m’intéresse vraiment pas. Surtout quand j'ai dû leur traduire ce que leur disait l'agent des frontières .Bref sinon je vais philosopher et perdre toute objectivité, il me gonfle. Il ne pense qu' leur petit tour du monde, leur petit site internet, mais peu ou pas aux gens qu'ils rencontrent. A prêt tout chacun fait comme il veut. Mais ils n'échangent avec les locaux lorsqu'ils en ont besoin. Pour le reste il se contente d'eux même. J’apprends donc lentement que même les voyageurs sont auto centrés, ethno centrés. Pour ainsi dire pour leur propre légende personnelle. Je ne peux rien dire contre cela. Est-ce que je fais est mieux? Je n'en sais rien. J’en doute même. Il n'existe pas d'échelle de comparaison.

Pour ma part j'ai passé la moitié du voyage dans la cabine de pilotage du capitaine parler de vents et marées, de retraite, de pêche au thon...

Je tire la plus grande satisfaction de mes aventures dans mes échanges et les paysages me paraissent un peu plus lisses.

Comment peu on apprécier un lieu sans avoir gouté au délicieux plaisir de parler à ceux qui y pèchent y mangent y travaillent tous les jours.

"On ne connait bien quelqu'un que si on connait bien sa maison".

Ses moments de longs transits sont de l'ambroisie pour attiser mon cortex.

Quitter un lieu pour en rejoindre un autre me met à l'aise. Rien à faire, rien à prévoir. Juste à profiter jusqu'à la prochaine étape. Les transits sont accompagnés de multiples rencontres brèves et intenses, ou l'on se crée des amis à usage unique. Le contexte réunit deux personnes qui n’auraient jamais dû se rencontrer.

Capitaine de rafiot, riche propriétaire de ranch mexicain chasseur de bête sauvage, cycliste pas vraiment intéressant, dauphin, le sourire fatigué d'une maman, d'un chauffeur de taxi presque vieillard. Vous éveillez la curiosité. Et chacun vous répond à sa manière. Timidement ou avec entrain. Mais toujours avec politesse. Certains disent que cela flattent mon égo démesuré que des gens s'intéressent à moi. Mais je flatte le leur. On partage, et c'est gratuit. Et c'est ça qui les énerve. Je ne gagne rien de sonnant et trébuchant. Eux non plus.et c'est cela qui est riche. Sans vouloir faire le décroissant ou l'altermondialiste.

Je m'égare parfois parcourant les pensées d'un Louis Ferdinand Céline qui m'entraine dans son voyage au bout de la nuit. Passionnant.

Le temps qui défile ici sur ce bateau n'a pas le même effet sur moi de ce côté du monde. D’un côté je le sens perdu, inutile, de l'autre il est riche et extrêmement constructif. Mes pensées ne se transforment pas en profondes jérémiades mais fleurissent en idées source de bienêtre.

Le bateau entre dans le port de Guayamas à la nuit tombée et soulage nos deux cyclistes malades pendant dix heures. Ils pensaient avoir trouvé un  pickup taxi qui était sur le bateau. Mais bien déçu quand le chauffeur au moment de débarquer leur à exprimer qu'il avait changé d'avis.

Nous espérons secrètement pouvoir attraper un bus dès ce soir pour Los Mochis, gare de départ CHEPE, un des trains au tracé  les plus spectaculaires du monde.

Et Apres avoir embarqué dans  le taxi du vieillard au doux sourire nous voilà à patienter dans la gare routière de Guayamas. Il est 22heures.Nous errons une heure avec quelques mexicains noctambules. Les filles sont jolies. Plus qu'avant. La gare est propre. Une toilette de chat sur le coin d'un lavabo.

Dehors  l'ambiance a changé, plus tendue je dirais .L'impression qu'il peut se passer quelque chose à chaque coin de rue. Tout est en mouvement.Grouille.et me laisse un frisson parcourir mon échine. Bienvenue au Mexique.

J'ai faim et mangeons dans une baraque le meilleur burritos du monde et tapons la discute avec les deux étudiants qui font bossent un peu pour se payer les bières de fin de semaine. Et qui revoilà pendant que je me dis encore putain j'ai encore trop mis de piment, nos deux cyclistes arpentant la nuit, puant le rance et un peu inquiet me semble-t-il. Pour vous dire je le serais un peu à leur place, ils ont un peu moins de chance que nous qui partons dans une heure, ils devront attendre demain. Mais surtout ils doivent trouver un hôtel, il est bientôt 23 heures et deux gros vélos qui doivent peser un quintal chacun et ils viennent me demander à moi si je ne connais pas un hôtel. Je crois que c'est comme cela qu'on finit par se faire dépouiller. J'espère qu'il ne leur arrivera rien.

Je ne les reverrais jamais.

Enfin si nous les reverrons quelques minutes à un troquet pour déguster le meilleur burritos du Mexique. Eux ils le trouveront trop cher.1euros.

Nous embarquons dans le bus.il est 23h30.

Le bus est à peine parti qu'il est déjà endormi. L’ambiance est feutrée à peine perturbée par la montée et la descente d'autres errants au milieu de la nuit.

Ces transits cotonnées s'accordent au son d’iPod chargé de son au gout de madeleine de Proust.

Janis Joplin est dans mes oreilles et aurait sans doute appréciée ce moment. Je pense sans discontinuer. Habituellement cela m'use.

Je pense à cette folie qui entraîne ce monde, les images, les potos d'une Valette toujours dans mon cœur, la famille, les filles. Les pentes du Coudon en somme. Mon village croit à l'ombre de cette masse de calcaire. Tous les chemins ramenaient à Rome. Tous mes pas m'ont reconduit au Central, le Bar du village. Ou à chaque départ d'aventure je vais boire un café et prendre une photo. Je fais de même à mon retour. Et souvent la photo est la même. Les protagonistes n'ont pas bougé, comme s'ils étaient  greffés au comptoir en zinc.

Je me sens un peu nostalgique, mais sans mélancolie. Pas de spleen.

Un petit vague à l'âme.

Il est déjà 4 heures du matin je n'ai pas dormi. Gare routière de Los Mochis. Les yeux un peu collés.

27 mai 2010:

Il est toujours 4 heures du matin je n'ai pas dormi. Gare routière de Los Mochis. Les yeux un peu collés. Ces halls de gare sentent toujours un peu la mort à l'aube. Nous avons entendu pour la première fois de l'empreinte malveillante des narco trafiquants. Ce qui ajoute dans nos têtes un poil de tension à l'ambiance. Mais vous savez ce que je pense des sensations. Il faut retrouver ses esprits restés englués dans le siège confortable de mon bus. Retrouvés vite ses esprits dans ces ruelles sombres mal éclairées qui ressemblent au Bronx. C’est une question de survie, ou du moins un bon moyen pour éviter les emmerdes. Etre en mouvement permanent permet d’éviter de devenir un mouton pour ses loups. Pas trop cherché pas trop faire croire qu'on est perdu. Il fait sombre et les méchants sortent la nuit. Tous les enfants le savent.

Il faut sortir de cette somnolence qui a trop durer, une insomnie de 24 heures, enfin plus ou moins. Je n'en sais plus  grand chose ayant changé trois fois de fuseaux horaires en 7 jours. Je vacille, éveillé, endormi, engourdi, fasciné, excité.

Il est toujours 4 heures du matin dans la gare de Los Mochis. La nuit tous vos choix au bout du monde sont à réfléchir à deux fois. Prendre un taxi la journée ne vous posent aucun problème, mais la nuit dans une ville que vous n'avez jamais vu, à la sortie d'une gare routière d'une ville plaque tournante du narco trafic, dans une ruelle mal éclairée qui sent la mort. Vous réfléchissez à deux fois. Mais trop réfléchir vous rend immobile. Et l'attente pourrait devenir une ennemie.

Dilemme.

Et puis en quelques secondes, l'assurance revient. Le ton de ma voix me rassure. J’ai repris le contrôle. Quelques informations que j'ai briguées avant montrent à mon chauffeur de taxi que je sais bien ou je vais et que je sais même combien coute la course. Et pour dire la vérité l'autre gare routière pour échapper au griffe de la nuit à Los Mochis est à quelques centaines de mètres. Mais tout le monde m'a bien assuré qu'il fallait mieux les faire en taxi. Un coup de 504 Peugeot plus loin, j'attends le Bus pour El Fuerte.

Je dois dire que désormais je suis plus que bien réveillé. Et les gens ici se lèvent tôt pour préparer le marché qui jouxte la gare routière. Les trente-cinq ou même les trente-neuf heures ne sont pas bien d’actualité ici. Des stands de poissons ou se mêlent les fruits et légumes, les boucheries. Au premiers abord c’est la matérialisation de l’anarchie et puis en y jetant un œil un peu moins occidental, tous parait simple et efficace. Bien sûr en contemplant les carcasses de viande suspendue à température ambiante on ne peut pas penser à nos sacro saintes normes d’hygiènes. Mais rien n’est comparable. Et penser que cette viande est pourri serait vraiment les prendre pour des cons. Tu connais un mec dans le monde qui irait acheter de la viande avarié. J’aurais mais tendance à dire que cette viande pendu devant moi est sans doute plus fraîche que n’importe quelle viande de boucher made in France. Pourquoi ???Pour la simple et bonne raison si vous revenez ce soir, et bien toutes les carcasses de viandes auront été vendues. Le Mexicain du coin, il n’a pas de congélateur ou de frigo alors tous les jours il vient acheter ce dont il a besoin, et pas de stock qui pourri pour le commerçant.

Putain ça sent vraiment bon, les odeurs du marché se mêlent aux odeurs de friture qui annonce le petit déjeuner avec une pointe de vapeur de café. On est vivant.

Il est 5 heures. Je croise le visage fatigué de ceux qui ont dormi dehors qui sentent la rue jusque dans leurs yeux. Triste fatigué mais pas malheureux, enfin du moins en apparence. La merde ne sent pas meilleur ici, elle est même pire. Le marché s’agite de plus en plus.

Tous les étals de restauration rapide tacos, plats du jour sont ouverts. Nous serons leurs premiers clients. Sorti d’un film d’Almodovar, la dame d’une soixantaine d’année est tiré à quatre épingle, pomponnée, parfumée, un chignon dégageant son front et ses grands yeux bleus. On dirait que le temps n’a eu pour effet que quelques rides, mais son sourire est celui d’une adolescente quand elle offre son café à ces deux jeunes voyageurs. Elle est belle. Il est toujours 5 heures et quelques cafés. Le temps semble s’être arrêté ici, ou le bon dieu aurait pu perdre sa chaussure et j’ai la vague impression que j’ai toujours vécu ici. Si mon ami Hernan Pilou Santiago était là je lui dirais que je dois être un peu mexicain. Je dois dire qu’à l’aube de mes trente ans je suis toujours en crise d’identité et me demande d’où je peux bien venir. Mais j’y reviendrais car de café, en tacos. Il est déjà six heures du matin, le marché bat son plein. Et notre bus lui n’attendra pas. Quand celui-ci arrive, la plus part des gens qui était là se lèvent pour nous indiquer que c’est le bus que nous attendions. Ce qui est drôle c’est que je n’ai discuté qu’avec la Belle dame au chignon.

Tu voulais une histoire au milieu du Peuple. Ben tu ne peux pas être plus au milieu des gens. C’est le bus de ceux qui se frappent 3 h de transport pour aller bosser. Il n’est pas très confortable, mais ceci reste bien entendu un détail, mais qui plus tard aura de son importance. Nous sommes même si quelques pseudo rasta le revendiquent institutionnalisé .Nous sommes habitués à notre CON-fort. Et très vite il peut nous manquer sans même que l’on s’en rende compte.

Mes voisins ne se soucient pas trop de cela, mais plutôt d’arriver à l’heure au boulot.

Le travail existe partout. L’exploitation de l’homme par l’homme, afin que l’un comme l’autre puisse s’assurer maigre ou opulente pitance. Cela n’est pas propre à notre société. Mais à la survie. A Paris, Santiago Del Chile, ou Mexico, il faut bosser pour manger et dormir dignement. Et je vous jure croyez moi ou pas, il vaut mieux être salarié à Paname qu’au Los Mochis, et ce n’est pas qu’une question de fiche de paie.

Miguel s’est déjà endormi. Je ne peux, je ne veux pas. Je ne veux rien perdre de ces instants au milieu de ceux qui vivent ici. Le jour se lèvent sur la banlieue que nous logeons. Un prêtre se lève et  soumet une prière commune à notre sauveur.

Miguel dort toujours. Mal rasé, dépouillé du superflu qu’il le faisait souffrir.

Moi je retrouve lentement mes esprits j’ai l’impression de sortir d’un long K.O.je regarde l’arbitre qui me compte et lui dit que ça va je veux continuer.

Les gens montent et descendent pour rejoindre leur pénitence ordurière de travail à la chaîne pour quelques pesos et une bonne fatigue. Mais digne. Il est tellement plus simple ici de vendre de la drogue.

Un œil distrait sur les aventures de ce xénophobe de Céline qui semble bien mal à l’aise dans son cercueil de chair.

Une oreille sur la très fêlée  Janis.

L’autre œil, à travers la vitre elle aussi fêlée, parcourt les bas-fonds de la banlieue, ou il semble quand même en restant objectif que cela ne doit pas être facile tous les jours. Mais cela  dépend bien sûr avec quel œil on regarde. Tous les détails paraissent à mon orbite  observateur symboles de misère.

Je décide d’observer avec l’autre celui qui lisait Louis Ferdinand. Et la Stupéfaction. Le spectacle a changé. Des enfants courent dans la rue en riant aux éclats, deux adolescents fleurent sous un abri bus, une mère étend son linge, un petit sur le dos, l’autre dans ses jupes et chantonnent un air de Carmen, deux viejos souriant jouent aux dominos à l’ombre d’un auvent déglingué, Je reviens au premier œil. Lui il ne voit que les pieds nus des enfants et leurs habits mal en point, l’abri bus déglingué, la maison qui lentement s’écroule derrière cette maman, la santé fragile des deux viejos aux sourires orphelins de quelques dents.

Un œil voit le bonheur dont profite ces gens qui savent que ceux qu’ils possèdent est déjà bien assez.

L’autre œil, lui voit ce qu’ils n’ont pas, et qui pourrait les rendre heureux.

Maintenant il faut choisir avec quel œil tu veux voir la Vie.

Il est 9 heures du matin et nous arrivons à El Fuerte.

Petit déjeuner au marché, ou la ville est déjà réveillé depuis longtemps. Pas de lits, pas de douche depuis 25 heures environs. Mais je me sens pas tant fatigué que cela. Même mon sac ne me dérange pas. Les valises sont pourtant le pire cauchemar du voyageur. Faut dire que je suis monté plutôt léger. Deux pantalons, Trois tee shirts, un vêtement chaud, une paire de chaussure, un duvet, une brosse à dent, trois paires de chaussettes, et deux caleçons. Et pour trois mois…Quand les gens partent en voyagent ils oublient que dans la plupart des pays du monde, un teeshirt vaut moins cher qu’en Europe et que sur toute la planète il existe des machines à laver ou du savon !

Alors allégez vos valises, et entrez dans la première boutique qui vend des chaussettes et des tee shirts et vous allez faire un vrai commerce équitable. De vous à l’acheteur et sa famille directement, pas d’intermédiaire hypocrite qui se disent soutenir le développement d’un village, d’une famille. Je crois que c’est le paroxysme du foutage de gueule.

Nous produisons pour nourrir 1O milliard de personnes, nous sommes 7 milliards, 3 milliards ne mangent pas à leur faim. Y’ a pas comme un problème arithmétique ! Ou sont passés les 6 milliards de manquent. Et bien ils font la richesse des pays occidentalisés qui maîtrisent et font flambée le cours des matières premières. Ils versent quelques milliers d’Euros à des ONG qui développent du commerce équitable. Une belle bande d’hypocrite.

Bref j’y reviendrais plus amèrement.

Dans ce réveil Del Fuerte, un vieil homme qui a peut être connu Zapata nous conduit à la Gare. Je me demande bien quel âge peut-il avoir. Y'a pas de retraite au Mexique, si bien sûr.60 ans pour les hommes d’aujourd’hui 65 ans pour les vieux de demain. Mais bordel il a au moins 80 balais ce vieux bonhomme, maladroit, raide.

Il est aussi sympathique que ce qu’il est lent et rouillé .Il nous laissera en souvenir son plus beau sourire pour les 50 pesos de propina que nous lui glisserons discrètement dans le range bordel au pied du levier de vitesse, ici toujours bien garni en figurine des cieux.

Mais 50 pesos si tu ne sais pas ce que ça correspond tu ne pourras jamais imaginer le sourire de ce bon ami, qui aurait pu être mon grand-père.50 pesos c’est 3,5 euros, soit un bon repas.

Alors maintenant vous l’avez bien le sourire de ce vieillard à qui je venais d’offrir un repas en plus de sa course. Un sourire qui vous lève les rides vous sèche les larmes vous dresse l’échine, vous rappelle qu’un sourire ne vaut rien et que rien ne vaut la vie.

Mais je reviendrais un peu plus tard à quelques comparatifs arithmétiques de prix qui comme à chaque fois me laisse sans voix. Tiens je viens de manger une entrée plat dessert pour 1 euros 50.1euros cinquante c’est le prix d’une brioche au raisin à Boulogne dans une boulangerie chic ou mon oncle accepte de payer sa craquante un euro vin. De la farine et de l’eau.je reviendrai plus tard à cette notion d’économie globale de mondialisation, interaction entre les marchés ,les flux les transactions économiques. Et vous voyez bien la un de mes problème car c’est fait bien deux fois que je dit que je reprendrais ce sujet plus tard .Mais je ne peux pas, et pourtant le train n’attend pas dans la gare de Creel , el CHEPE .Il sifflera bien trois fois avant de décoller. Economie mondiale, on nous torture les oreilles avec le prix du blé du maïs des matières premières et blabla. Mais on dirait que seul l’Europe et les states soient indexés à ce marché. Le prix du blé peut flamber de quelques centimes en Amérique du sud le prix du pain au raisin reste le prix du pain au raisin. Il reste juste décent. La mondialisation serait elle une invention du système pour gérer le système en interne .un peu comme les inventions des hommes qui se retournent contre les hommes. L’Afrique, L’Amérique du sud, l’Asie centrale , l’Amérique centrale, la Russie, les îles d’Indonésie sont elle concernés par cette mondialisation de l’excès. Je ne crois pas ils ont la dalle et ils peuvent bon an mal an se trouver quelques peso pour un repas , une chambre, du lait pour bébé, une bière ou deux ,une consultation chez le médecin  et un pain au raisin. Les chinois eux ils sont pas concernés ils ont leur propre économie florissante ils ont même droit au congé payé depuis un an. Ils construisent à la chaine et s’arrêtent à peine pour manger ou dormir. L’émirat arabe uni lui il se moque bien il a le pétrole. En fait la mondialisation c’est l’Europe et les états unis. Mégalomane colonialiste démagogue nostalgique d’une florissante époque coloniale  qui n’est plus et ne sera plus .Mondialisation , on est que 500 millions, c’est un peu ethnocentré, non ? .Surtout je vais vous dire un truc, personne en Amérique centrale n’as l’impression que leur économie soit comparé ou indexée  à celle de 500 millions de mecs qui cherche une excuse à leur problème financier dans le prix du barril ou du blé. C’est une véritable hérésie et ils nous bruleront tous quand ils s’apercevront que nous construisons  une tour de babel dans lequel nous tentons de protéger notre économie décadente et leur faire croire que la leur va suivre ce long péril.

Le train siffla deux fois dans  la gare del fuerte, il est temps d’embarquer dans une des voies ferres les plus  hautes du monde et laissé sur le quai ces réflexions guevaristes qui je le sais sentent fort le houblon et le zinc d’un comptoir. C’est comme la clope , je ne peux m’en passer.

Les premiers centimètres  demandent aux machines une force un effort terrible et un crissement qui déchire les entrailles de ce monstre de fer. Apres l’attente et l’immobilité, le mouvement au prix d’effort mécanique. Le paysage s’anime les arbres se mettent à danser lentement avec leur ombres, les barrières glissent le long de la carcasse d’acier comme une rivière se faufile entre les rochers. Chaque centimètre gagné par la machine lui donne de l’aisance, car l’inertie fait lentement son travail. J’ai toujours été impressionné par le nombre de règle physique qui dans l’ombre de votre quotidien vous facilite la vie ou vous permette d’accéder à des plaisirs .Accéder à des plaisirs car des hommes ont pendant toute leur vie essayé de comprendre un phénomène qui passe  complètement inaperçu.

Le train sans effort maintenant entame sa valse avec la roche taillé par les hommes.655 kilomètres reliant les terres arides et montagneuses du nord à l’océan pacifique Los Mochis à Chihuahua deux mille mètre de dénivelé entre les plus grands canyons du monde. Les hommes de l’autre siècle avait des idées des projets qui me semblent bien plus ambitieux que ceux d’aujourd’hui mise à part le tunnel sous la manche. Surtout qu’aujourd’hui nos moyens sont presque sans limites tant financiers que technologiques. Maintenant au fait des hôtels de trois cent étages pour accueillir de riche fortuné. Mais personne ne veut réfléchir à comment irrigué toute l’Afrique pour éviter qu’ils ne meurent en mangeant du sable ou qu’il continue à chier des graviers. Quel intérêt si ce n’est que si on irrigue l’Afrique , c’est bientôt nous qui nous n’aurons plus d’eau. Manquerait-il de visionnaire ou nos ambitions sont-elles cadenacées par les intérêts. Un architecte, un bâtisseur du 15 IIème siècle posait la première pierre d’un édifice en sachant qu’il ne verrait pas poser la dernière. Aujourd’hui sur la planète je ne vois pas un projet qui prendrait 150 ou deux cent ans.si c’était le cas avec les moyens technologiques que nous avons à notre disposition c’est des immeubles qui irait jusqu’ à la lune que nous construirions. D’ailleurs les avancées technologiques avancent moins vite et se limitent à quelques exercices électroniques, wifi et internautiques. On a inventé la roue parce qu’ils ont rencontre un problème, et cherché une solution une technique. Nous nous contentons  de projet que nous maitrisons techniquement pas de problème pas d’avancé. Nous stagnons. Si un mec cherchait à construire un pont reliant la terre à la lune , nous serions obligé d’inventer de nouveaux outils, nouvelles matières, défiant la gravité, les contraintes de hautes pressions…on ferait à nouveau des exploits. Non c’est tellement plus rentable un building de 300 étages aux émirats arabes unis.

Les peupliers défilent toujours le long de la langue de fer construit par les Hommes venant défier le bloc de matière brute. Roche millénaire solide témoin du temps ocre faisant étinceler de milles vert ces arbustes esclaves du soleil et de l’aridité. Les peupliers laissent place aux pins et l’odeur qui envahit mon esprit est celle de ma Provence natale. Quand par de beau dimanche ma mère courageuse femme lâché par son mari me menait tant bien que mal à la découverte de tous les sentiers de mon pays. L’odeur de cette résine couplé au sonate des cigales lancinantes ont sur moins l’effet d’une madeleine. Et ma tête coincé entre deux wagons flagellé par l’air glacé de la moyenne montagne mexicaine n’est plus tout à fait ici et pas encore tous las bas .La valette magnétique, les pentes du Coudon qui surplombent le Bar central , le Station, la famille. Un pied sur le Coudon , un sur le Faron et mes couilles sont à toulon. C ‘est loin des siens que l’apatride se rend compte qu’il n’est jamais seul. Car ceux qui l’aiment qu’ils aiment voyagent avec lui dans son cœur. On aimerait qu’ils soient la, mais ils le sont. Le train ralenti pour négocier quelques virages trop serré pour la longueur de mon vaisseau. Marche avant , marche arrière, la ferraille crisse sous les coups de frein et d’accélérateurs brusques pour permettre à la machine de se faufiler à travers la montagne comme un serpent file sur le sable chaud du désert de saint Exupéry.

2000 mètres de dénivelé, je ne me rends pas bien compte, c’est comme si en partant de la côte d’azur je finissais mon voyage à la Plagne.10 heures de trajet, Nous arrivons à Creel, traversé moultes ponts tunnels canyons forets, mais le sommeil ne gagne guère nos yeux et nous sommes plongé dans le présent. Tout sonne juste, l’air frais, le vent engouffré dans les canyons qui semble nous chuchoter aux oreilles :   « vamos…. »

une dernière halte à un panoramique ou nous apercevons les premiers indiens Raramuri qui nous tendent quelques colliers, fruits de leur artisanat et l’espoir de quelques pièces pour un déjeuner. Putain ca faisait longtemps que j’avais oublié la misère. Ils ont faim.je me déchire a nouveau, je viens voir ce qu’ils se passent de l’autre côté du monde et je me frotte à la dalle, au regard vide d’un minot de quatre ans en haillons qui vous tend la main pour un morceau de sandwich, Je n’ai plus faim plus soif .du fiel coule sur mes tempes et l’air hagard je n’attends pas le train siffler trois fois , pour me dire bouge-toi on part, et toi tu vas rester là. L’enfant la bouche toujours pleine de mon sandwich me tire sur le short et me montre le train. Le dernier coup de vapeur me sort de mon KO.je m’étiole  entre l’envie de rester la et celui de remonter dans le train et poursuivre la route.je sais qu’un jour je ne partirais plus .Mais il est trop tôt jeune skywalker. Le voyage est ta formation, ta rééducation , ne l’abandonne pas en chemin. Deux sourires trois gracias , une main levé, une photo d’un fils caché , je me refugie dans le monstre d’acier avec dans la rétine collé la gueule du minot .quand  je me plains, il  revient à moi comme un fantome. Je ne suis pas à plaindre. AKH.

La valse entre les rails et les roues grinçantes a repris , et je me sens comme un avec les soubresauts du trajet.35 heures de transit de route , de rencontres furtives et éternelles. antinomiques. On ne compte pas la qualité d’une rencontre au seconde passée mais à l’intensité qui ne se mesure pas mais allez expliquer cela aux grandes personnes.

Je me rappelle que j’ai délibérément égaré le guide du routard.et je croyais être sorti du chemin en passant par les traverses. Creel s’est mis à la page du tourisme gringo et l’accueil à la gare est le plus « agressif »que j’ai rencontré en Amérique centrale. Et avec trente-cinq heures de somnambulisme dans le Mexique profond, je suis un peu crevé et Miguel l’est sans doute autant voir plus que mon moi espagnol. Schizophrénique. Ma tête blonde, mal rasé et mes yeux clairs ne mentiront  jamais je ne serais jamais d’ici. Mais un corse un jour m’a dit que nous sommes pas corse de sang mais corse de cœur. Je me sens tous les jours un peu plus américain d’en dessous des USA.je dis agressif le terme est sans nul doute pas approprié, c’est le boulot, la course au peso, et je suis une bonne proie. c’est le jeu. Quand tu l’acceptes tu finis par bien le vivre et prendre ca pour une distraction. Mais la je suis vraiment crevé. Mon esprit se détache de ma carcasse, la tête tourne je ne me souviens plus d’où je suis ou je suis d’où je viens ou je vais .Je suis en colere.et je sombre dans le côté obscur.

Enfants adultes rabatteurs tous me hèlent me tirent par la manche me prennent mes valises à coup  de gringo room tours …Creel est décrit dans les livres de baroudeurs  comme une belle réussite entre le tourisme et la tradition. Deux exemples furtifs et je doute déjà beaucoup. Mais je suis peut-être trop fatigué et peu ou moins  objectifs. Mes paradigmes de vérité de tradition de tourisme de réussite sont-ils obsolètes. Ou sont-ils déjà allé à creel ? Je me libère de toutes propositions en fumant une clope et malaxant ma phrase secours dans ces cas-là,  « estoy cansado et tengo que fumar un cigaro y possible dos. le pouce levé et un bon vieux gracias tirant sur la clop fortement les yeux dans le vague sourire incrusté aux lèvres au fur et à mesure que la fumée envahit vos poumons et vous libère de cette tension. tous le monde sait que s’il veulent réussir leur coup il faut le laisser souffler .Je ne froisse personne et l’afflux d’autres touristes fait le reste.je serais le dernier à partir du quai seul, mais en connaissant la moitié des hommes qui animaient cette scène de vente aux enchères ou les apprentis saltimbanques nous vendaient la meilleure auberge de tous l’Amérique. Je l’avais déjà choisi le mien .Le petit au survêt hérité d’une œuvre caritative, le tee shirt trop grand blanc douteux les cheveux en bataille.il m’avait bien lancé quelques gringo, puis il s’est adossé au mur à côté de moi en scrutant ma cigarette, chaque bouffé qui annoncerait qu’il serait temps de revenir à la charge. la surprise est la monnaie courante de ce genre de rencontre.il me croit perdu. Mais la route est ma maison, et comme la tortue je suis partout chez moi. Sachant très bien dosé ma cigarette, il me reste quelques tafs, Mika qui s’impatiente. Lui ne fume pas .Le petit bonhomme sent que c’est le moment mais une seconde trop tôt il me jetterait dans un courroux qui lui ferait perdre un peso. La nicotine a fait son effet et je reprends mes esprits. Il est beau,  hésitant. Il analyse, se demande comment faire par quoi commencer. Je tire ma dernière taf, et ce duel de silence entre lui et moi devient presque insoutenable .Qui a le plus besoin de l’autre moi ou lui. Qui va faire le pas qui va rompre le mur de glace que j’ai délibérément construit entre nous. Pour me préserver , le préserver et préserver la rencontre qui allait avoir lieu. Les rencontres sont trop importantes pour les abordées avec légèreté. Si je suis ce petit homme sans même lui adressé la parole je deviens complice de cette organisation touristique à la branque. Il devient mon esclave de quelques pesos.je tire le premier. Ahorita amigo estoy listo. Vamos. son sourire apparait. Ce même sourire qu’il n’avait pas quand il m’a adressé la parole à la descente du train.je ne suis plus un touriste il n’est plus un mendiant de pesos, nous sommes des hommes qui se respectent dans nos statuts. Lui de travailleurs et moi d’homme tortue.

Ou allons nous ?me réponds augustin ce petit indien de douze ans. Je sais pas  tas pas faim Amigo. Je te propose d’aller manger un morceau tous les trois avec mon ami miguel et ensuite tu me montres ou je peux poser ma maison pour quelques temps. Il a changé de posture, s’est redressé à tire sur son tee shirt en tentant de camoufler les taches témoins de son repas pris sur le pouce. Il n’est plus rabatteur, il est devenu guide. les autres rabatteurs qui n’ont pas eu la chance de se faire quelques pesos , je les aperçois d’un coin de l’œil .Ils savent que augustin va gagner un peu plus que quelques dollars de plus. Ils n’en sont en rien envieux. Ils sont même heureux, l’un deux croisent mon regard, un sourire incruste son visage et ses lèvres murmure un doux gracia. Je lui jetterai un clin d’œil en retour. Je me sens si différent. Je recroiserais tous ses gens j’irais peut être mangé ou dormir chez eux .Mais mon attitude doit entre celle d’un homme pas d’un colonialiste qui a changé son fouet par des dollars. Quelques efforts  pour porter ma maison et je ressemble plus a un escargot qui lui traine sa maison. La tortue la porte.

J’ai chaud, j’ai froid, le climat a changé, mes yeux sont fiévreux et augustin affamé m’impose son énergie sans mesure, il me maintient eveillé.je brûle dedans dehors. Le traitre soleil m’a fait une farce .Mon esprit errant pendant dix heures de trajet, c’est bien debout sur la parcelle entre deux wagons que mon corps a voyagé. Et Ma peau de gitan buriné par patchapapa.ma peau de gitan , ma peau d’allemand serait plus approprié.

2 dolipranes, 12 heures de sommeil et Augustin me laisse à mes souffrances et me confie à Marion à qui je dis que j’en peux plus.va te coucher on verra demain amigo tout ira mieux tu verras. Je n’ai même pas vu hier s’achevé que c’est déjà aujourd’hui.

 

 

 

28 Mai 2010 :

 

Putain de confort. Je ne me croyais pas  si attaché éduquer à ce conformisme sedentaire. Dormir dans le même lit ca repose plus  que de dormir sur un siège ou entre deux strapontins.Ca m’effraie un peu. Mais si on a été éduqué on peut se deseduqué aussi. Mon expérience au salvador viendra conforter que nous sommes ou nous sommes nés.

La ville est une longue avenue ou nous sentons que le tourisme prend ses marques. C’est propre, accueillant c’est un peu la Haute-Savoie , ou el calafate en argentine en bien moins luxueux mais c’est pour vous faire une idée. Y’a toujours un chien errant ou deux trois quatre mec bourrés qui vous rappelle que vous êtes bien au Mexique.

On entrevoit quelques fantômes d’indiennes raramuri qui se déplacent sans touché le sol. Leur vêtement de mille feux contraste avec le gris taciturne qui leur sert de far à joue. par contre est bien assorti à la grisaille ambiante. elle dissone entre ses couleurs aveuglantes et leur visage transparent d’émotions de sentiments. On pourrait si on occidentalise la réflexion vite dire qu’elles paraissent tristes et malheureuses. Le sont-elles ?OU pas. Je ne m’aventurerais pas à des maigres conclusions.et je ne suis que le témoin d’un ballet incessant de poupées aux visages figés et aux drapures rayonnantes. Je leur demanderais bien. Juste pour me faire une idée.  Les  raramuri parlent raramuri et pas la langue d’aragon. Elles garderont leurs secrets. Mais pour continuer, se posent elles seulement la question sommes-nous heureuses .Le concept du bonheur conjugal, de l’épanouissement n’est-il pas une création de notre culture. Est-ce que un bonhomme nait au Mali se demandera une fois adulte suis-je heureux ai-je bien réussi ma vie.

Je préfère quelles se taisent et quelles gardent en elles ce secret. Moi en tout cas je me suis battu pour être heureux et je ne l’ai jamais été. Jusqu’au jour où j’ai compris peut être en regardant  ces indiennes que le bonheur n’est pas une quete.et en aucun cas un combat. L’essentiel est invisible pour nos yeux , il faut voir avec son cœur. Et je crois que ces indiennes tiennent en elles ce précepte. c’est sans doute ce qu’il les a sauvé. La sierra tarahumara est le berceau ancestral des indiens raramuris. Haut plateau alpins ou des géants de calcaires viennent orner les prairies comme des bougies sculptent un gâteau. Le  paysage porte l’éternité en lui et plus encore. L’environnement de ces peuples fonde  ce peuple. On ne sait pas qui appartient à qui. ces Hommes ont une culture  du  respect de la Nature, de l’Homme, de la conscience individuelle et collective. Basé sur un apprentissage d’une philosophie propre à leur culture, cette organisation globale et spirituelle leur a permis de résister à toutes les influences extérieures, les azteques, les Con qui s’adorent, et maintenant le neo libéralisme par l’écotourismes.

Nous avons chevauché deux bicycles à nouveau pour arpenter la sierra. Nous avons croisé ses Hommes et ses femmes leurs enfants qui vivent éloigné de creel. ils sortent d’un buisson comme des lutins d’une boite, chargé d’un fagot de bois , haut monté d’une jarre remplie d’eau, ou marchant sans nul but apparent. Les enfants ressemblent à augustin. Eux ils rient .A part au sahel les enfants rient, quand ils n’ont ni soif ni faim. en fait du coup nous ne savons pas s’il rient souvent .Et cela même si vous tachez de ne pas y penser vous arrachent le cœur.

Résisteront  ils. Globalement la tâche me parait difficile. mais je sens que dans Creel la présence de ces Indiens est Mystique. leur chair est la errante près à franchir le Styx. Leur esprit lui semble éloigné de cette agitation qui financièrement est aussi une possibilité d’avenir différent. sont-ils en marge par dépit. Ou est-ce par  détachement qu’ils ont survécu .Une légende. Je n’en saurais jamais rien et je ne le sais toujours pas. Mais est ce que je veux vraiment savoir.

 

 

 

 

 

 

29 et 30 mai 2009 :

 

Batopilas. L’autre bout du monde. La ou n’importe qui même le tout puissant aurait perdu sa claquette. Rien ou pas grand-chose ou être le témoin du temps. Rien à faire assis sur un banc , pas de gazière elles n’ont pas de frères n’ont plus .Dans Batopilas c’est pour y aller qui rend le lieu ancré dans votre mémoire. Nous attendons très tôt un gros chrystel 1969, 14 places. Pas un touriste , des indiens , des marchands , des enfants tous patientent. Et ils savent eux que le trajet sera long nous l’excitation de rejoindre Batopilas nous rend un peu naïf. Nonchalant excité par l’ivresse du déplacement .Les gens ne s’impatientent jamais. Les horaires ont guère d’importance, ce qui compte c’est d’arriver. Il fait déjà très chaud. Le moteur vrombit. Bien huilé un cliquetis mécanique montre que la révolution électronique n’a pas eu lieu ici. Nous sommes 21 biens serrés comme des harengs, vous avez dit sécurité routière. Une prévention de bourgeois. A creel nous sommes à 2550m coincé entre les pins et le granit. Un climat alpin qui sent les bonbons la vosgienne, l’air est frais stable. chez nous il serait envahie par des touristes asmathiques soucieux de soigné leur pathologie dans des cures thermales. Il est 6 heure du matin , on me glisse qu’il y a une centaine de kilomètres, le chauffeur corrobore ce renseignement en m’annonçant une heure d’arrivée vers 12H. Je réfléchis deux minutes 120 kilomètre en 6 heures ca me parait long même pour le Mexique .Ce détail ne me dérange pas bien qu’il m’interpelle. Et la route est belle asphalté large nous roulons à bonne allure dans notre antique boite à sardine sur pneu surdimensionnés. J’imagine que nous allons finir à pied. Et je perds le fil de l’histoire entre un quelques battement de cils excessif symptôme d’un sommeil proche et quelques errances mentales. Entre ici et ailleurs. Le bus s’immobilise sur un bas-côté et on nous demande de bien vouloir descendre. Nous changeons de boite. Une carcasse de metal bien plus grande mais carrément plus antique. entre le Mace Fergusson et la benne à vendange avec des sieges bien sur. Je commence à comprendre il reste 5 heure de voyage et 80 kilomètres. J’ai un début de  réponse à l’énigme du temps de voyage. contrôle technique OK.  le bus a changé, le bitume s’est évaporé sous le butoir d’un soleil écrasant. Et bien en topographie je vais passer de 2000 mètre d’altitude à 500m en 60 kilomètres. Droit dans la vallée dans ce tas de ferraille qui est une vrai pièce de collection. Abordant la descente les voyageurs se crispent se signent car dieu est toujours caché par ici ou par la m^me au creux d’un virage d’une vallée perdu. La valse commence entre une route tortueuse et son cavalier carrossé. Dieu est à chaque virage mais la mort est d’en celui d’en face. Une fois dieu une fois la mort et c’est notre chauffeur qui choisit.

1500 mètres de vide qui me glace à en perdre ma bonne humeur et faisant naitre une douce inquiétude. Miguel ne parle plus .Il a crispé ses mains sur le siège de devant si fort que son sang peine à circuler. le paysage est juste en vertige et équilibre.il ne l’apprécie plus, lui qui depuis le début ne perd pas une centimètre de son chemin. Son regard est vide perdu dans les souvenirs terrifiants d’un accident de bus dans lequel il avait été enfermé pendant des heures, perdant quelques os mais sauvé par le travail forcé des bomberos espagnol. C’était il y a 15 ans et je me rends compte qu’on n’oublie rien on n’efface pas les souffrances et surtout nous ne choisissons spas ce que nous voulons gardé ou oublier. Nous sommes esclaves de notre passé, de nos souvenirs. Attelé à l’antan , chaque moment d’hier obtient une résonance dans le jour qui suit et celui d’apres.et cela avec la régularité d’une horlogerie suisse. J’essaie par mes quelques mots d’humour de le persuadé que tous ira bien .Mais il ne m’écoute plus .ou plutôt il n’entend rien. Il a juste hâte que son supplice s’arrête. La peur ne se contrôle pas .ses mains commencent à se desserrer en même temps que sa mâchoire se desserre que  son visage reprends vie ,animé par le soulagement de notre arrivé dans la vallée .La fin de la valse entre un bus et quelques lacets sinueux. Il fait quarante-cinq degrés. Et planté au milieu du désert, Batopilas n’est que sa continuité. Rien, le balancier du temps s’est stoppé et nous n’apercevons que quelques militaires qui dans leur officine qui leur sert de KG, monte et remonte sans cesse leur armes comme des automates.

La journée se résume au va et vient incessant de pick up surdimensionné, va et vient méthodique et frénétique, presque mécanique et organisé. Mais ou vont-ils .Mais que font-ils ? Il n’y a rien à un millier de kilomètres.

Nous avons mis du temps à trouver une auberge, pour la simple et bonne raison que j’étais fatigué et que je n’avais pas envie de chercher .Et puis cette torpeur vous envahit si vite .Mais je n’ai pas beaucoup de qualité, sauf celle d’un caméléon qui se noue à son environnement. Je suis là depuis quelques heures et je ne veux déjà rien faire .Miguel pressé par une alerte intestinale tentera tous les diables pour trouver quelque chose ou nous pourrions poser nos sacs et lui soulager son transit. Il n’en sera rien .Il faudra attendre. Ce n’est pas vous qui choisissait à Batopilas .Toutes les portes sont ouvertes, et pendant près de deux heures d’attentes dans  le hall de ce petit hôtel pour commerciaux pas une âme qui vivent ni dedans ni dehors. Rien. Il est sans doute l’heure ou le peuple se retrouvent ailleurs. Là où on ne le voit pas .Pour préparer une guérilla, honorer les morts autour de cérémonies vaudous ou …je m’égare. Ils doivent sans doute dormir. Nous attendons et après de toute façon nous découvrirons qu’à Batopilas il n’y avait rien à faire à part la route.

Ces hommes en pick up semblent un peu plus animés que les fantômes que nous avons croisés. EN fait nous avons croisé personne, et les passagers du bus se sont éparpillés sans même nous laissé le temps de les saluer.

Il ne se passe rien. Et je crois que je viens d’apprendre pourquoi.90 pourcent des gens de Batopilas travaillent dans les plantations de Marie Jeanne Et le village une plaque tournante du narco trafic qui achète à bas prix aux indiens cultivateurs pour les revendre basé ou naturelle  sur les campus de mexico ou de San Diego. Nous ne nous sentons pas en danger mais depuis que nous sommes la personne ne nous a adressé la parole.et l’ambiance devient pesante .On nous parle pas mais on nous regarde, on nous scrute. Tous les hommes que nous avons croisés étaient pleins comme des trains. Plutôt plein comme le métro parisien aux heures de pointe pour ceux qui connaissant Paname. A cela ajoutez quelques bons pétards de beuze bien locale. Le mélange devient détonnant, avec des relents de morts. Rien à faire, économie inexorablement lié au narco trafic, aucune échappatoire, isolée de tous. Bière et pétard. Boum !1 janvier 2010, réveillon du village un homme reçoit un coup de machette sur l’aorte. Et un autre met une balle dans la tête à sa femme en plein milieu du bal .Nous avons arrêtes de regardé du coin de l'œil les jolies petites mexicaines. Les policiers militaires armés décrivent Batopilas comme un lieu bien tranquille. Je suis tout à fait d’accord avec eux et je ne voudrais pas vous décourager de vous y promener. Mais l’équilibre est instable comme nulle part ailleurs. L’équilibre est une idée. Mais parfois les idées ne sont pas toujours bonnes.

Pour un peu pimenter tout cela, le président nouvellement élue s’est lancé dans la chasse et l’éradication du narco trafic. Et en bon politicien au lieu de s’attaquer à ceux qui détient et contrôlent tous le système, ceux qui roulent en humer dans les rues de mexico, ils s’attaquent aux petits cultivateurs indiens de batopilas en incendiant leur hectare de marijuana tout cela relayé par cameras pro gouvernement pour que tout le monde sache que le combat est lancé. Mais quel combat que vont faire ces paysans maintenant alors que les humeurs roulent toujours. Pour quoi les présidents ne vont-ils pas tapé à la porte de ces Toni Montana. Peut-être parce quils sont simplement les memes. Les champs de marijuana brulent dans des hautes flammes sur les télévisions du Mexique et le peuple croit que la lutte s’est intensifie et que bientôt le Mexique sera libéré de cela. De la merde.

Le principal critère qui rend batopias unique outre la drogue et les règlements de compte, c’est son isolement. Sans nul doute le lieu le plus isolé ou vivent une communauté de gens organisé socialement. Un enfant de 12 ans m’a dit tu nais à Batopilas tu y crèves. Une malédiction. J’aurais presque pardonné de me faire braquer quelques dollars par un mec qui voulait payer son billet pour partir. Nous ne braquerons personne. Les joints tournent à Batopilas, la bière s’écoule entre deux joints .ceux que nous avons rencontré étaient soit trop bourré soit trop ailleurs pour qu’on puisse dormir chez eux. On a dormi. On a pensé .On a fait la route dans nos tetes. On a refait la route dans nos cœurs, ne cherchant plus à combler le vide qui me paraissait auparavant une torture. C’est bon parfois de rien faire.

Nous ne braquerons personne pour rentrer et glaner une information pour savoir d’où et quand part le bus de la muerte est une aventure. Le renseignement le plus difficile à obtenir du monde. Mais obtenir un renseignement n’est pas compliqué ce qui est dur c’est d’obtenir le bon.

Nous repartirons tôt le matin vers 5 heures histoire de faire la route de nuit, elle n’était déjà pas assez dangereuse. Et dite vous bien qu’avec le choix on aurait fait autrement. Mais c’était le seul bus de la semaine. Apres ils nous restaient la rando.

Ce bus on ne l’aurait manqué pour rien au monde. Et l’attente le matin du départ un soulagement puis une torture quand le temps passe et aucun vrombissement de moteur. Je me suis demandé si nous n’étions pas nous aussi maudit et condamné à errer à batopilas .Finalement nous sommes des occidentaux et tous les histoires ont un happy end. Quand on nait à Batopilas le héros doit toujours mourir d’en d’atroce souffrance. Nous laissons ce coin de monde où il est .il ne bougera pas, et il ne s’y passera pas grand-chose. Les bières continueront à se vider et quelques pétards tourner. Loin des contraintes de Babylone. Pourtant ça aurait pu ressembler au paradis.Ca avait un gout acre d’enfer. Une illusion.

 

31 Mai 2009 :

 

La journée à creel est une transition vers chihuahua.et la descente vers le sud. L’Etat du Chiapas et du commandant Marcos.

Mais avant de quitter creel, il nous reste une chose à faire, les grands canyons, alors depuis que je voyage chaque pays se dit détenir le record du canyon le plus profond. Et oui ça nous plait les records, même pour la profondeur d’un canyon. Debil autant pour celui qui dis-j’habite à un kilomètre du plus grand canyon du monde que celui qui racontera dans ces soirée

S parisiennes ou j’ai visité la barraca Del cobre le canyon le plus profond au monde. Mais on s’en tape. Si ça avait été le troisième au monde t’aurait déplacé ta maison ou changé ton voyage.Ca me fait un peu pensé aux écrans plasma de nos maisons occidentales. On n’a pas un rond mais j’ai le plus grand LCD du quartier ou la plus belle merco du lottissement. Mais comme disent mes frères marocains. Roulent en merco un œuf dans le frigo.

L’aventure est suspendu et notre esprits a du mal fuir la malédiction de batopilas, l’oublié des dieux la banni, la damné. Creel offre finalement peu de lieux de rencontres ou partagé échangé avec les gens, une terrasse de café ou un square. Rien. Les indiens sont dans un coin de rue trop préoccupé à survivre.et peu intéressé par L’ORCCIDENT. Dans l’autre coin de rue les métis vendeurs de tourisme d’indiens, de l’ecotourisme.Un zoo tourisme. Bien des gens tenteront de m’expliquer qu’une partie des bénéfices est reversé aux familles. Et alors.je dis qu’il à plus de genou ou qu’il n’y as pas de rapport.

Ok je transpose et finalement lance une idée qui pourrait plaire ou déplaire à certains en même temps comme j’emmerde les uns et les autres.

Mister Smith et sa femme débarque gare de l’est direct de Charles de gaulle. Des new yorkais lui est ingénieur elle est cadre ils ont des enfants mais ils sont grands. Alors ils se sont dit c’est beau l’automne pour visiter Paris. Un joli programme, Montmartre, La tour Eiffel, l’arc de triomphe, le Louvre, les jardins de Versailles…et l’excursion à la Courneuve. Pour quelques dollars de plus l’agence delta dreams travel, basé à new York a proposé à Monsieur Smith de voyager local et équitable en découvrant les us et coutumes de ces indigènes, français mais en marge puisque parqué dans des tours de béton. Mais ceci est de la politique à l’origine 5O ans après les conséquences sont devenus de l’anthropologie. Monsieur et madame Smith ont longtemps hésité, mais quand même aller à paris sans visiter ces quartiers mal famé des années 80 sacralisant la décroissance de la France. Aujourd’hui tout est calme et on intègre par des petits boulots ces petits fils d’émigrés et puis il y a le tourisme citoyen et équitable qui booste un peu l’économie de ces zones en développement. Une idée de nos 20 ans de socialisme.

Finalement c’est madame Smith, curieuse de nature qui convaincra son mari, car avec son dernier nikkon D300, elle pourra faire de joli portrait de ces petits arabes aux grands yeux noirs nostalgiques. Elle pourra les afficher dans le hall de leur appartement new yorkais.

Ils sont dans le bus installé l’un à coté l’autre le Visio tour à l’oreille qui traduit les informations de la jeune petite rebeu qui leur fait la visite. Madame Smith trouve cela très bien que la visite soit faite par l’une d’entre elle, une locale, une autochtone. Qui peut mieux qu’une petite arabe leur parlé de leur culture, leur intégration, leur vie au quotidien. Monsieur Smith, lui, la trouve plutôt mignonne. Ils sont plutôt bien installés. Ils viennent de quitter le périphérique nord, pour rejoindre la banlieue. Le ciel parait même un peu plus sombre ici. Nous sortons de paris pour les parias. Ce sont les mots que hasma la petite guide vient de dire à Mohammed le chauffeur de bus .Mais en arabe pour que cela restent entre eux. Mais que peut-elle dire Asma, la vérité lui ferait perdre son boulot qui lui permet de louer son deux pièces dans la tour H. Asma annonce au groupe leur arrivé à la cité des 4000 logements, à la Courneuve. Chaque personne installé dans le bus se redresse de son siège, lève la tête pour ne rater aucuns détaille bus ralentit et s’arrête, la porte s’ouvre et un vieux shibani, un vieux monsieur monte .L’air détaché mais présentant assez d’assurance pour montrer à monsieur et madame Smith qu’il a l’habitude. En arabe et a travers le micro que lui a tendu Asma il s’adresse au tourisme et leur souhaite une bienvenue dans ce quartier de France. Que lui et toute sa communauté sont très fiers de les accueillir. Son discours rodé est ponctué par les traductions d’Asma. Monsieur et madame Smith sont attentifs et clôturent le discours de monsieur llhamar par des applaudissements sincères. Monsieur lhamar a vécu au bled il est venu en France pour travailler s’est marié à eu des enfants qui ont eu des enfants. Ils vivent tous au quartier. Il ne dit pas qu’il regrette ses champs d’olivier à Casablanca. Mais son œil vide lui ne mentira pas à monsieur et madame Smith.

Quand vous regardez deux lions en cage, vous pouvez savoir lequel des deux est né en captivité et celui qui a déjà vécu dans les plaines du serengheti. Monsieur lhamar lui a connu l’ivresse de la liberté. Ces yeux semblent clos même s’ils sont bien grand ouvert.0 la différence Asma elle parait fraiche et intelligente. Elle se contente, elle n’a pas connu autre chose que ces murs gris, taggué ou l’horizon se confond avec le ciel gris. En fait tout est gris.

L’intervention de monsieur lhamar est terminé il est redescendu du bus et attend déjà le suivant. Madame Smith aurait aimé lui touché la main pour le remercier lui dire qu’elle comprend. Elle à un cœur elle sait qu’il est triste. Mais elle n’a pas osé se lever devant tout le monde. Le bus reprend sa route pour s’arrêter à un petit carrefour ou une place est réservée pour le bus, une supérette, un arrêt de bus, un café bar tabac. Monsieur et madame Smith sont invités avec leur partenaires touristes à descendre du bus pour aller boire un kawa avec ces délicieux makroud qui viennent de la boulangerie d’à côté. Le bar est plein dans l’arrière salle les hommes jouent aux dominos. Un thé à la menthe pour madame Smith .Un café pour son muet de mari. On ne sait pas à le regarder ce que pense monsieur Smith. A part qu’il adore les cornes de gazelle car il suffit de regarder son ingurgitation frénétique de ces pâtisseries qui colle aux doigts.

Tous les touristes les yeux écarquillé voient les clients défile jeunes vieux moins jeunes moins vieux, casquette et survêt tacchini  pour les uns djelaba et babouche pour les autres. Certains jouent au rapidos d’autres ne font rien. Certains passeront la journée ici. Monsieur Smith prend son courage a demain , cela fait plusieurs minutes qu’il y pense traverser la rue sans rien demander à personne et aller à la boulangerie acheter quelques délicieux makrud. Il se lance il reviendra quelques minutes plus tard. Sa femme se demandant ce qu’il faisait à l’œil qui pétille de fierté quand son aventurier de mari revient chargé de gâteau qu’il propose un petit peu à chaque touriste. Comme pour leur dire, vous avez vu. Il est de remonter dans le bus .Monsieur Smith quitte le bar avec une assurance que sa femme ne lui avait jamais vu. Il lance un soukran général, qu’il a appris au cours d’arabe hier soir à son hôtel pour préparer la journée. Ils partent pour la mosquée ou le vendredi c’est jour de prière collective depuis la nuit des temps ; Tous le monde rentrera à la mosquée même ces dames on leur demandera juste de se couvrir la tête.

Ils sont si fier agglutiné dans le fond de la mosquée regardant intrigué ses hommes couchés sur des tapis orienté vers l’est le nez contre le sol.

Ils se disent tous c’est vraiment intéressant de vivre ce type de voyage qui nous fait découvrir de si près les cultures du pays visité.et Puis en plus ils ont payé l’entrée de la mosquée justement pour aider au développement des cultes musulman modéré.

Ils restent un petit tour à faire au pied des grandes tours et à travers le quartier comme disent les autochtones.  Le nouveau bureau du pôle emploi témoin de l’investissement de la république dans ces morceaux de France touchés par le non emploi. L’attente est longue dehors et cela intrigue monsieur Smith. Le chômage est une maladie génétique ici. Le tour se poursuit au pied de ces barres d’immeubles ternes .des enfants jouent au foot. Une sirène de police retentit des jeunes squattent assis sur un banc rien d’autre à faire boire de la bière siffle les gazières qui n’ont APS de frère. Ils fument sans doute quelques joints en attendant le déluge. C’est au tour la famille zekmani d’accueillir chez elle le groupe de touriste pour leur faire gouter le fameux couscous, boire un thé .La famille s’est affairée toute la journée pour rendre une copie propre. Pas pour faire plaisir au touriste non ils en ont rien à foutre la famille shekmani. Non c’est parce que les touristes seront invité à noter l’accueil le couscous le thé la propreté ….et si jamais c’est négatif la famille risque de perdre son accréditation pour accueillir les familles .et ces quelques euros que cela leur rapporte c’est bien plus que du beurre dans la kefatza. Ils ne peuvent pas s’en passer. Ils deviennent un peu esclave de ses étrangers qui viennent déguster leur couscous dans leur salon marocain .Monsieur Smith trouve cela tellement intéressant et l’utilisation frénétique de son dernier appareil photo est le vrai témoin .Madame X est un peu plus gêné et se sent un peu voyeuse .Et puis en même temps comme elle se dit, j’ai payé.

Ils rentreront dans leur hôtel quai de seine coincé entre le pont de l’alma et le Louvre. Calme détendu persuadé d’avoir contribué au développement et au bien être de ces arabes.

STOP STOP STOP

 

Cela ne vous fait pas penser à quelque chose à toutes ses propositions de tourisme équitable dans toute l’Amérique du sud et encore plus en Amérique centrale. Dans le but avoué d’intégrer les minorités. J’ai l’impression de parler de néo colonialisme. Hypocrisie, moyen détourner pour étouffer un problème d’intégration des minorités raciales.je suis pas sûr de la validité ou plutôt la viabilité de cette solution cette exploitation de la condition des uns pour les bénéfices des autres.

 

Bref.

 

Nous avons promené avec notre bicyclette sur les hauts plateaux .Crevé au bout de 3km.croisé quelques bus écotouriste. Croisé aussi quelques jeunes enfants au bout de tout. Assis sur un morceau de pierre au milieu des hauts plateaux nous échangerons quelques mots quelques sourires timides tant les nôtres que les leurs. Nous ne leur volerons rien .ni leur honneur ni leur liberté. Nous achèterons quelques colliers. Nous donnerons quelques vêtements qui nous serviraient bien. Mais à quoi bon .commerce équitable tourisme équitable colonialisme moderne …la pire version du capitalisme car ceux qui disent lutter contre le profit sont les investigateurs de ce genre d’opération.

 

1 juin 2010 :

 

La terre est si grande .nous sommes insignifiant .et faire la route est devenu une institution, une gasolina .Toutefois la terre est ronde tu auras beau marcher sans cesse tu reviendras toujours à ton point de départ non .Marcher à t-il un sens, si c’est pour marcher et revenir sans cesse.

Devant l’un des plus grands canyons du monde je me sens si petit, si grand si tout et si rien .des espaces vides d’hommes et ta fureur de son envie dévastatrice d’apposer son empreinte, de son envie inébranlable de tout transformer à son image, pour le servir.

12 canyons témoin de l'éternité. Barraca del cobre, barranca d’Urique, Tahumara, La bufa,…4 fois plus grand que le grand canyon 4 fois moins connu. Le spectacle est d’un statisme, immobilisme déstabilisant. Qui en devient presque vertigineux. Mon monde lui est en perpétuelle et en tumultueuse mutation. Devant mes yeux tout est figé sans être immobile. C’est juste le référentiel temporel qui se modifie. Mon monde est rapide et on veut des résultats. Devant moi l’effort constant des montagnes est lent et puissant impercptible.je suis la jonction entre ces deux mondes.je vibre à l’unisson de l’un et de l’autre.

Des millions d’années pour ce résultat .des millions d’années de travail sans avoir l’air d’avancer .ce que je regarde c’est ce que regardaient les humains il y a un millions d’années.

Une jolie leçon de persévérance de patience de sagesse. Ce spectacle nous fait du bien .Nous respirons à plein poumons. Nous perdions en intensité. Sans doute car nous commençons à nous acclimater. A nous confondre tel des cameleons.il va falloir remettre du piment dans tout ça, pour ne pas sombrer dans la mélancolie, la nostalgie. Nous sommes ici trois mois, 90 jours si je perds la foi au bout de quelques jours, je vais me retrouver confronter à un problème existentiel. Seul le changement serait-il à l’origine de mon épanouissement. Car si je ne suis pas heureux sédentaire et pas heureux sur la route …on va être vite à un point de rupture.

Non j’ai besoin de la route aujourd’hui. Ce n’est pas là ou on va qui compte mais là où on est.

Cette étendue de montagne et de canyons a l’effet d’une bombe sur nous .ces vallées semblent vous murmurer des mots à peine compréhensible mais qui prennent sens avec les pensées qui s’agitent Dns votre tête admirant ce spectacle.

Depuis deux jours nous ne visons qu’entre nous deux.et à deux on finit par tourner en rond .Nous nous connaissons bien et aimons la compagnie de l’un et de l’autre et le bout du monde renforce le sentiment d’amitié .on se dévoile sans concession .Mais on s'épuise plus vite .on finit par tourner en rond à deux .EN effet les discours s’approfondissent et chacun avouent ce qu’il était d’habitude. On devient honnête avec son ami on en devient honnête avec soi-même. Nous mentons moins loin de ces terres. Peut-être parce que nous sommes en phase entre nos désirs de vie et la réalité. Nous vivons nos rêves, nous finissons par nous lancé dans l’exploration de nous-même et de l'autre. Cela fait du bien, mais nous finissons par tourner en rond. Et bien sur le paysage grandit par le vide nous soutient dans notre introspection. Edouardo nous accompagne, il ‘est le beau-frère de notre hôte. En quelques sortes il nous fait le guide. Il n'a rien d’un guide .il aurait pu être tout sauf guide. Mais il s’ennuyait un peu alors passer une journée avec des hurluberlus il a dû se dire pourquoi pas. Il est distant, il est plutôt timide, et nous laisse apprécier ces montagnes. Nous échangeons bien sur quelques mots et Miguel ne manque pas de placer sa phrase désormais légendaire, no Hay muchas turistas aqui.

J’étais en mal d’échange et j'ai jeté mon envie sur cet homme. Je me rends bien compte que ces canyons n’ont de valeurs par ce qu’elles me sont présentées par leur propriétaire. »Une montagne reste une montagne ici et ailleurs, Mais Explorer à travers les yeux d’Edouardo elles deviennent uniques.

Nous retraversons les hauts plateaux au règne une odeur de pin sans me rappeler cette haute Savoie ou je fais pénitence pendant l’hiver. Quand je dis pénitence, j’entends que je suis contraint et forcé de travailler. Je m’aperçois alors que la haut asservi à l’obligation d’exercer une profession j’en oublie l’odeur des pins.

Je respire à plein poumon à m’en fêler les côtes. La route serpente s’entrelace avec ce paysage et l’épouse nous dévoilant à chaque virée, monté ou descente d’autre espace vierge d’hommes.

Et pourtant demain nous regagnons chihuahua et ces 800 000 habitants et également l’arrivé Del Chepe. Pero manana es manana, y hoy es hoy. De haut en bas nous laissons la voiture sur un bas-côté après quelques kilomètres de piste en terre séché par le soleil brulant.

Nous amorçons une descente vertigineuse et comme une évidence nous pensons après quelques minutes de marche qu’il va falloir remonter. Ce qui à aucun moment nous donne l’envie d’en rester là.

Le calme au fin fond d’une gorge encaissée. L’odeur de pin embaume le lieu. Les eaux thermales bouillonnantes sont retenues par quelques pierres ajancées par les hommes, pour leur confort pour former une piscine presque olympique. Que je trépasse si je faiblis. L’eau brule mon corps nu immergé et accentue le contraste de l’air frais parfumé qui câline mon visage. J’ai dû soupirer de plaisir. Edouardo s’est allongé au soleil de son pays. En clair sans philosopher il se fait un sieston. Nous changeons de bassins qui ont des températures différentes et qui exacerbent nos sens déjà bien à fleur de nous-même.

Comme à l’habitude je sens que mon corps se trouve à nouveau là ou est mon corps le plaisir ne devient que plus grand. Le plaisir est égoïste et je ne veux rien d’autres et personnes d’autres. Et je m’excuse pour ceux qui se sont imaginé que leur absence  serait une entrave à mon allégresse. La discorde quand il me revient les mots de manu qui parlent que vivre libre c’est vivre seul et ceux de Tolstoï qui n’imagine le bonheur que s’il est partagé. Que faire. Si ce n’est fermé les yeux et respirer profondément pour chasser les doutes .Mais il va falloir remonter. C’est uniquement cette notion qui nous sortira de la bienséance. Chacun regroupe ses affaires comme s’il allait faire un grand voyage. Autant il faut arpenter le chemin pour rejoindre le bonheur. Autant le dénivelé qui se dresse devant moi me montre que quitter la quintessence est aussi ardu. Chaque pas qui nous a mené ici était difficile chaque pas qui nous fait le quitter est encore plus fatiguant pas temps par la verticalité du chemin caillouteux, mais parce que  là où tu te sens bien tu n’as pas envie de partir.la séparation est difficile et la remontée est un chemin de croix. Miguel lui souffre le martyr sans doute dû à sa condition physique légendaire.

Nous nous arrêterons souvent en regardant derrière nous, comme pour ne pas oublier .Mais nous n’oublierons rien de ce coin de nous désormais.

Rentré au village de fantôme, nous regroupons nos affaires pour se boire quelques bières et polémiquer sur notre passage à creel .N’y aller pas c’est merdique laisser nous ça à nous rester chez vous à le contempler via Arte ou votre chaine culturelle préférées vous décidez de vous y rendre enfourché un vélo ou passer voir Edouardo mais grand dieu sortez des chemins de traverse même s’ils ne sont pas les plus courts.

 

1 juin 2010 : retour à la ville.

 

D’ordinaire j’appréhende ce genre de lieu où s’entassent des gens pas vraiment méchants qui ignorent tout de leur voisin .Mais je suis porté par la route, et tous devient peu comme avant. Te coucher à un endroit pour te lever dans un autre. La richesse vient de la diversité. Mais la diversité aussi présente ses qualificatifs négatifs. D'être ici et ailleurs tu n’es jamais vraiment chez toi et au moment où je vivais ces moments, jeune aventurier j’avais comme chacun d’entre nous besoin de reconnaissance existe pour ceux que je ne fais pas pour ce que je suis. En tant que visiteurs tu ne présentes aucune certitude sociale aucun amis aune famille, tu n’es rien juste un sac à dos comme temps d’autre. Arrivé dans une grande ville tu te replonges dans l’anonymat. Et je veux que tout le monde sache que je suis el niño Del viento fils du vent, de Provence du mistral et que je vais changer le monde. Avec le temps et aujourd’hui cette idée me fait peur. Je ne veux plus rien de cela .et la route ne me fait plus peur, car c’est elle qui vous adopte, c’est vous l’apprivoiser mais c’est elle qui décide. Pas tout le monde n’est fait pour vivre dans le mouvement.

Le trajet pour chihuahua est long bien trop long pour notre fatigue accumulé et le ronron monotone a raison de nos forces et nous nous reposons .Equilibres et statique orgueilleux d’être des voyageurs pas comme les autres .Naïveté de la jeunesse. Aujourd’hui ou je m’apprête à vivre au Guatemala pour tout quitter je me trouvais fort arrogant d penser que c’est moi qui choisissait mon destin. L’Amérique du centre, la vraie me serre lentement dans ses bras .Je ne m’en rends pas bien compte et je crois que c’est ce jour-là ou j’ai compris que mon avenir passait inévitablement par cette partie  du monde.15 jours que je suis là et le chemin semble déjà s’éclaircir pour une jeune pas trentenaire occidental comme les autres.

Cette dernière journée explique toute les autres et au moment où nous montons dans le bus pour chihuahua chaque moment à errer dans ces hauts plateaux est expliquer par celui qui le suit et par celui qui le precede. Il manquait une pièce au puzzle. Cette journée à flirter avec les hautes cimes embaumées de parfum de cèdre frais était la pièce qui manquait et donnait son sens à la globalité. Nous quittons encore plus heureux qu’en y arrivant et c’est bien le propre d’une étape réussi .car une étape réussi est une étape qui se range dans les souvenirs .on passe trop de temps dans notre quotidien qui ne prenne par le caractère de souvenir, il s’efface à peine ils viennent de se passer .Pour beaucoup de gens cette tristesse est une réalité .Le doute a tenté de nous envahir à creel .Mais en laissant déroulé les choses, sans brusquer le temps ,  l’univers fini par  conspirer à voter bonheur.

Le voyage est des plus simple nous rejoignons la ville.

Nous sommes un peu étourdi après _ heures de bus en quelques minutes nous nous retrouvons sur un trottoir deguelassse  envahi par les diesel bruyant les sirènes, les passants la crasse les klaxons, les sirènes les taxis les bouchons, les commerces les banques  …la ville.

Les banques parlons ont .oui les banques c’est les banques.et nous nous ne rendons pas à quel point notre éducation est basé sur les chiffres, les prix .tu t’en rends compte en voyage ou tu passes la moitié du temps à savoir combien tas payer. Pas pour savoir si tu t’es fait arnaquer ou si tas fait une affaire, non c’est juste pour savoir combien ça tas coupé, tu te trouves moins con quand tu sais que

1 euros vaut 15 pesos donc 10 euros vaut 150 pesos donc 100 euros valent 1500 pesos.

Apres tu cherches des méthodes rapides de transaction pour te croire malin.

Par exemple dans ce cas précis tu prends X la somme a payé en pesos tu la divise par 5 et tu divise le résultat par trois et tu sais ce que tu viens de dépenser en euros.

Cela dit voilà ce que ça fait :

La cuenta por favor ?

Sesenta pesos señores

En tu cabeza 60/3 =20 et 20 /5 égale 4 euros.

Gracias buena comida barata.

Mais bougre de connard oui ce n’est pas cher mais comment tu sais que tu ne t’es pas fait bien baisé et qu’en fait pour un bon mexicain avec le chapeau, les santiags et les moustaches le prix était de 1 euro.

Du coup tas l'air malin avec tes calculs à deux balles pour te faire croire que ce n’est pas cher.

Et puis de toute façon peu et importe le prix tu manges et tu dors .Jai arrêter ce genre de conversion a deux francs car je me suis aperçu que je le faisais pas en France, quand je rentre dans un restaurant je regarde par la carte qui est affiché à l’entrée et je ne prends pas un plat en fonction du prix je le prends parce qu’il me fait plaisir alors pourquoi je me mettrai à le faire à l’étranger. pour la simple et bonne raison que je suis prudent , j’ai peur de me faire avoir en d’autre terme j’ai peur de l’inconnu que je stigmatise comme voulant me baiser .et en France il me baise pas quand je paye le café 1 euros 40 à Toulon et 1 euros à roquebaron .

Par conte là ou cette réflexion perd en consistance c’est quand tu fais la conversation pour tous ce qui est superflu .tout ce qui ne contribue pas à ton répondre a tes besoins primaires c’est à dire manger dormir.

Je parle de l’apéro bien sûr .qui est fictif mais qui te coute une blinde à paris et avant d’être bien à ras tas lâché quelques billet.

Justement dans l’hôtel ou nous sommes descendu et qui fait partie des 5 hôtels les plus putrides du classement des hôtels les plus putrides, trônait un patio qui passait inaperçu à 16 h , malgré son côté patiné par le temps qui lui donnait du charme .mais ce patio devenait à la nuit le Bar de chihuahua.et nous étions là .nous voulions rencontrer des gens nous serons servis en plus des bières. Mais revenons à nos moutons arithmétiques.

1litre de bière tecate vaut 28 pesos disons 30 pesos  maintenant vous savez me le  faire 30 que divise trois vaut 10 divisé par 5 vaut 2 euros.et oui 1 litre deux euros. Les lecteurs de cet ouvrage s’il y en a devrait aussi devant toute vraisemblance être des amateurs de houblons.il referont sans doute le calcul pour voir s’il n’y a pas d’erreur.2 euros le litre. Est la réalité. Mais ce n’est pas plus intéressant que de savoir le prix de ton repas.

C'est là où est la différence oui c’est intéressant. Parce que nous ça nous fou les glande et tu t’arrêtes toujours à la deuxième ou troisième pintes voir quatre parce que ça commence à douiller.

Mais la 2 euros par cinq bouteilles de 1 litre soit 5 litre vaut 10 euros.

Avec 10 euros tas pris une grosse caisse et ta pissé toute la soirée et tout le monde sait que c’est au chiot des bars que tout se passe que tout s’apprend.

J’ai jamais été bon matheux ni très bon gestionnaire mais le jour où je me suis mis à penser à traverser l’Amérique centrale il a fallu que je m’y mette à compter et recompter et recompter la nuit le jour à en devenir fou .Fou au point de compter et recompter encore. Car pour vivre cette expérience il fallait déjà régler l’ensemble de petites dettes accumulées depuis un quinquennat. Des impôts sur le revenu par ci des taxes foncières par la des notes de syndic qui s’accumulent. Pas énorme par a rapport au taux d’endettement du français moyens quelques trois milles euros .et trois mille euros c’est 45000 milles pesos soit 1500 litres de bière. EN buvant un litre par jour tu bois pendant 5 ans dans un bar sympa dans le nord du Mexique.

Autant d’argent que je devais à la nation. Qui paie ses dettes et bien paie ses dettes. Rien de plus.

Ne pas régler ces dettes m’empêchait de voir clair de dormir et chaque euro dépensé pour le plaisir une voix sournoise faisait entendre paie tes dettes.

Taureau par les cornes A lutter pour rattraper les conneries du passé la jeunesse croyant un jour tu te lèves et quelqu’un a payé pour toi .plus de fuite en avant un semblant de responsabilité, fin de l’illusion de l’ado insouciant .Garder les pieds sur terre et la tête dans les nuages. Pour la tête j'étais bon et je suis toujours spas le meilleur mais pas loin. Par contre mes pieds eux avait perdu le contact.il fallait vite me reprendre avant de m’égarer pour toujours et atteindre ce point de non-retour celui que beaucoup p de gens de mon entourage on atteint celui où tu nés plus maître de ton destin soit parce que tu ne peux plus le faire financièrement soit parce que tu as construit des murs entre tes rêves et ta vie. Ce qui revient au même .le même mur qui empêche Israël et Palestine de boire l’apéro.

Moi le mur il n’était pas épais il valait 1500 litres de bières.

Ce premier décembre 2009 est un premier virage avec le 1 janvier 2011 qui est ma seconde naissance.

Boulot, haute Savoie 7 jours sur 7 120 jours

Rembourser les dettes

Mensualiser les paiements pour éviter d’accumuler les dettes et les oublis.

Ensuite à ces deux seules conditions on partira en voyage.

Si j’écris aujourd’hui c’est que les conditions ont été rempli non sans maux .et cent calculs des entrées d’argent des sorties prévus ou moins .D’ailleurs des entrées d’argent pas prévues cela existe vachement moins que les sorties imprévus. Des petits cadeaux, mon élan cigale t’inquiète fourmi je ne crève pas  la dalle.

L’aspect financier était  surtout un alibi pour alléger ma tête mon esprit. Je me voulais anti matérialiste mais dès qu’une petite dette s’installait le sommeil lui foutait le camp .J'étais une trompette, en fait non j’étais au tout début du chemin de la chasse ou contraintes à cette vie de propriété, de capital.je m’en rends compte aujourd’hui presque 3 ans après ou oui en effet je n'ai rien pas un rond mais je suis libre .Car c’est quand tu as tout perdu que tu es libre d’avoir ce que tu veux.

Surtout et outre l’aspect financier c’est ma tête que je voulais soulager. Je ne voulais plus lui infliger ses tortures perpétuelles qui m’empêchaient de dormir. Et quand j’écris ces mots enfin recopie ses mots trois ans après c’est que je n'ai toujours pas sommeil quelques valium en plus .Mais terriblement expressif. Allez comprendre.

La quête de la sagesse de la tranquillité passe pour moi par le fait de ne rien devoir à personne. J’avais tout fini par mensualisé savoir combien je me coutais par mois, prévoir toutes les entrées nécessaires pour satisfaire à ma vie de migrants pas feignants, mais contemplatifs.

Tout s’est planifier et construit ainsi .Je dois des comptes au système je veux lui rendre, je veux le préserver .Il est la quand j’ai mal à la dent .Il me reste quelques réminiscences de troubles liés à l’argent pendant ce voyage que j’essaie de chasser en me disant allez ça va aller. On est loin de la démagogique innocence inconscience d’un Kerouac. Non je crois que l’argent contrôle même les rêves .et atteindre un rêve quelques qu’ils soient commencé par le planifier financièrement. Tu veux jouer de la guitare, il faut acheter ne guitare. On a donné sa première guitare à Keith richards. Tu veux faire des photos, il faut acheter ton appareil. Yann Arthus Bertrand de parent aristo a vu son appareil et ses voyages financer. La priorité n’est plus à la création au rêve à la dérive, l’heure est à la rentabilité. Alors tu veux voyager ben tu le prévois .personne ne te paiera ton billet paiera ton loyer ton assurance tes impots.il peut être tant de partir.

Mais ça va aller, car j’ai évité d’enterrer quelques sombres détails pour éviter de les reprendre en pleine figure. Faire la belle figure comme dirait olive .Oui tout va bien, nous sommes les plus beaux les plus forts. Tu finis toujours par les reprendre dans la gueule et encore bien plus fort. Il faut freiner quand il est temps sinon le mur fait toujours plus mal .Plus jamais cela par-delà les forces de l’univers du monde des cigales du vent de l'horizon de sa mère la pute. Plus de mensonges.et pour paraphraser Thoreau, plutôt que l’amour que l’argent que la foi que la célébrité ou la justice donnez-moi la vérité.

Prendre ce chemin signifie qu’on ne ment plus aux autres il est bien plus dur de tenir cette promesse à soi-même .Mais le voyage la route est un bon révélateur. Vous ne mentez pas à la route car si vous ne la supportez pas vous ne pourrez pas faire semblant. Méfiez-vous de l’excitation de préparer son sac à dos nous ne sommes pas tous fait pour vivre comme un escargot. Il faut beaucoup d’honnête et de recul sur ce que l’on peut accumuler comme expérience. Ce voyage est l’expérience qui révèle. L’avenir me montrera qu’il n’était que le début d’une mutation de ma mutation en homme libre.

Là où tu remets vite les pieds sur terre c’est que 9/10 des jeunes avec qui j’ai bu des bières ne verront jamais paris. Simplement car un dollar vaut un dollar que 1 euro c’est un euro et que 1 euro c’est 15 peso. Soit 15 fois moins 15 fois moins de chance .ça me rappelle Daria jelovac une jolie petite brune rencontré en Croatie qui sentait la vie l'amour et qui au petit déjeuner face à la mer dans une myriade de rayon de soleil étincelant me fit  bien fait comprendre qu’elle ne quittera jamais son pays. J’en avais perdu l’appétit. Je me suis rendu compte que jetais chanceux, non j’étais béni.

Les bières se succèdent dans le patio de notre hôtel, et elles se succèdent plus vite que les autres soirs et déjà je sens l’alcool contrôlé notre destin .tout est parfait, l’acuité de mes sens est aiguisé, la musique, les odeurs, les mouvements les allers et venues, les regards…le vertige. Miguel se découvre un espagnol courant le bourracho .les discussions vont viennent au gré des tournées des pauses pipi cigarettes .tout devient brumeux .On ne sait plus avec qui on parle et de quoi puis on y revient pour recommencer ou changer de sujet.Ca ressemble fortement aux soirées de sportifs handballeurs chez Laurent Gaetano le meilleur pizzaiolo de Toulon. Ceux qui y ont été se reconnaitront, et pourront s’imaginer l’espèce de soirée qui s’annonce. Miguel a recomposer l’équipe de France de football dans tous les sens et rajoute les mains à son espagnol fluido.il trouvera même le moyen de se faire inviter à coucher le lendemain soir chez un lascar dont le nom s’est envolé avec les vapeurs d’alcool .Le mec patibulaire mais presque qui ne semblait pas vouloir de problème. Toutefois l’un de ces potes, est venu me taper la main sur l’épaule en me glissant discrètement, n’y va pas lui il est cool mais là où il t’emmène c’est Bagdad.

Ils voulaient nous faire écouter de la bonne musique et fumer de la weed. Le rendez-vous était pris pour midi le lendemain. C’est en se levant que Miguel se disait merde j’ai peut-être un peu exagérer.

La musique me parait plus forte, les lumières tournent, les verres sont levés plus haut, ça trinque ca parle fort. Et il serait mentir  si …

Si je ne voulais parlait pas de ces filles qui virevoltent près de nous. Elles viennent le regard accrocheur butiné comme l’abeille sur la fleur. Avec délicatesse. Intrigué mais pas timide. Des regards séducteurs qui durent des secondes interminables. Ce même regard que tous les mecs qui côtoie les boites de nuit cherchent pour rassurer leur ego. Ben la  messieurs les choses se font naturellement c’est ainsi et c’est pas mal sain .Alors que vous souvent enfin nous et ces dames l’attesteront vous êtes relou. La difficulté quand tu es touriste c’est de justement pas profiter de ton statu ce n’est pas toi qui désire sinon tu es un touriste sexuel .Même si tu ne payes pas tu finiras par profiter de ton statut de urpenne pour arriver à tes fins .et ça non. Alors. J’ai croisé ces regards dans toute l’Amérique du sud. Je dirais que ça sent le cul, mais ça ne pue pas le cul. C’est la classe. Et puis y'a toujours la plus courageuse et généralement c’est celle que vous avez croisé du regard en premier, qui vous bouscule alors que vous vous arrachiez de la queue qui envahit le bar.la telle fait exprès .ça fait cliché mais c’est souvent ainsi. Les sourires alors se transforment en conversation et les choses vont assez vite.je vous parle pas de la baiser messieurs. On se calme. Je vous parle que le temps de boire quelques gorgé et mon espagnol me le permettant je me retrouve présenter à la bande de copine .et là c’est tous les nouveaux potes mexicains on t’arrête de refaire la composition de l’équipe de France et vous lance des vamos Jeremiah à travers tous le bar.

C’est carrément moins chiant que chez nous .Ca c’est passé avec les filles exactement comme avec les mecs. Les discussions s’entament on vous sert à boire dans la bouteille commune que tu n’oublies pas de resservir quand elle est fini.et tout roule. Pas de simagrée de faux semblant de timidité mal placé. Et tu peux partir quand tu veux tes pas obligé d’en rajouter c’est mecs la sentent la leçon de beauté numéro un restez soi-même…

Et puis vous sortez fumer une clope, et bien sûr on vous accompagne. Les discussions se précisent le désir brule les corps, les autres homes machos  mexicain s’en mêlent pour voir s’ils peuvent encore…mais il est trop tard.la bière fait son effet, les peaux se frôlent et les mains touchent les corps qui s’agitent au fil de la conversation, on rallume une clope pour garder le prétexte. Des baisers s’échangent discrets pour la curiosité pour l’anthropologie. Si délicieux. Une parade amoureuse de mammifère. Le paon et sa roue. Le lion et sa crinière. Nous quitterons chihuahua bien content de cette halte citadine ou se sont mêler hommes femme étudiant bonnes sœurs  chauffeurs de taxi vendeurs de bottes….les prénoms s’envolent juste des visages restent, souriant.

 

4 juin 2010 :

 

Fini le nord du Mexique et j’aurai bien descendu en bus mais le temps manque à mon compère qui a déjà pas mal entamé son capital voyage. Les jours derniers nous avons trouvé un avion bon marché pour redescendre jusqu’à mexico et ensuite voir vers ou nous pourrions aller. Car il ne faut pas oublier que nous ne savons pas si bien ou nous allons et le trajet que nous suivons s’écrit tous les jours un peu plus .Avec quelques projections à un ou deux jours pour se rassurer sans doute.

Les cactus entrent dans nos souvenirs. Les bandeaux de route ou Kerouac a sans doute rouler dans son escapade mexicaine s’inscrivent dans notre passé.

Les transits, j’adore presque autant que les aéroports. Un bon son brut pour les truands, un con de piaf qui annonce le début du jour, un voisin crasseux, une voisine assoupi, un petit garçon qui vous fixe, l’odeur.

7H00: Chihuahua –Guadalajara

10h00: Guadalajara-Mexico. (Capable de se tromper de terminal et de louper la correspondance)

13h00 : aéroport de Mexico, nous attendons nos bagages qui arrivent les uns après les autres .Ah pardon, c’est nos habits qui arrivent les uns après les autres pas nos bagages. Une polaire, un teeshirt, un short…il manquera une batterie d’appareil photo !

14h : gare routière de mexico.

La tentaculaire, et finalement je finis par haïr les grandes villes alors qu’elles me manquaient il y a une semaine. C’est la schizophrénie du errant. Bien ici un peu moins le lendemain à la George baby Face Nelson .J’ai pas fini ma croissance et je mesure 4 mètre sous toise.

Dans ce taxi qui traverse la  sans doute plus grande agglutination d’hommes du monde je me rends compte que je fais partie de ces catégories de gens et je ne pourrais jamais lutter.

Je ne braque pas des banques mais je suis le spleen et l’idéal, la blanc et le noir le haut et le bas. Tout est beau et dans les jours qui suivent tout est deguellasse .Freud dirait que je suis dépressif.

Mais on a le droit d’aimer la ville un jour et le lendemain la trouver deguelasse.

J’ai plus a rien à faire ici .Nous ouvrons quitter mexico. Mais qu’est qui lui prend il a l’air tout chose el niño ? Mais c’est le lot des natures qui aime les sensations fortes que de passer par des hauts et des bas ils se croient le roi du monde et se retrouvent au 36 ieme  pourrait dire que l’ami est un chat de gouttière que ses vieux démons rattrapent par la queue. Mais ne soyez pas inquiet ça me passera et je ne crois pas que j’ai dit mon dernier mot.

C’est sans doute ces quelques heures à patienter dans cette gigantesque gare routière. Comme toutes les gares routières, tu reprends tes habitudes tu remarques vite ou sont les toilettes ou tu pourrais t’assoir tranquille, ou t’irais boire un coca ou un café. Généralement ce détail se règle à la tenue de la serveuse. Tu te repère mais tu ne dépêche pas trop tu sais que t’es la pour 3 quatre heures alors tu prends ton temps et puis chacun part de son coté, un peu de temps libre.

C’est impersonnel, les gares routières. Mais pas comme un aéroport. T’es dans une gare routière mais quand tes à celle de mexico ou Guatemala Ciudad tu le sais-tu le sens, tu dormirais sans doute pas là. Alors que dans l’aéroport de mexico sans problème.

L’agitation, la masse perdu, englouti dans le mouvement tu redeviens rien insignifiant. Rien à voir avec mon ego qui vous le savez n’est démesuré même si ça va un peu mieux aujourd’hui.

C’est une question de rapport humain. C’est inversement proportionnel. Plus y du monde moins on te dit bonjour. Et la y vraiment du monde mais cette règle se vérifie à paris. Les como estas guapo ont disparu. Remplacé par des sourires forcés des traits tirés fatigués, las désabusés. Les mêmes regards embués que ceux du métro parisien. Putain les grandes villes et le travail sont la peste de notre siècle.

Il faudra tout mon courage pour arracher quelques mots et une bonne rigolade aux passants attendant un bus avachis sur des sièges. Leur tenue indiçant le nombre d’heures de patience. Vu certain j’ai l’impression qui attendent depuis trop longtemps et quand leur bus est annoncé il se libère, il se délivre .Moi je vais-je viens je ne peux rester assis, je me refugie dans les gens. EN France on dirait que je fais le beau le paon .D’ailleurs en France je serais assis dans un coin à me faire le plus discret possible. Mais là je suis heureux.et je régale. En fait comme dirais Damien lomaill , on est des régaleurs de gens. En fait nous sommes des sombres merdes sans avenir ni passé. Mais la dans cette gare routière je suis libre.je respire, m’époumone. J’échange quelques mots portes une valise trop lourde à une dame, un clin d’œil à la petite vendeuse de téléphone…

Miguel de la cerna sourit, il sait que je suis là où je dois être. Il faudra un jour faire le pas.

Ah c’est notre bus, il est temps de tirer sa révérence l’arlequin.

Une franche rigolade avec les voyageurs qui se sont avances pour partager le même bus que nous car une  policière avait les mains un peu plus baladeuse que d’habitude. Je n’avais rien sur moi madame .elle en a bien profité.
Nous quittons Mexico sans même l’avoir rencontré, juste quelques trucs et pas l’impression d’avoir loupé un truc, mais je dis cela parce que j’aurais aimé allé voir quand même. Je revois ce chauffeur de taxi, le seul en 90 jours qui ne nous a pas adressé un mot du trajet. Il serait simple de dire que c’est la ville qui la rendu ainsi .Ou alors il s’est embrouillé avec son épouse en partant au boulot ou son fils était malade. Je reviendrais à mexico.

Il est 18H. Notre attente a servi à préparer ce long transit petit sac d’appoint. Cela va être long, 13H30 de route et ce n’est pas vraiment la première classe. Pas une place de libre. Mais l’avenir me montrera qu’il faut toujours se contenter du confort que tu as car cela peut être toujours pire.

Et puis ma capacité à ne pas oublier que je suis en plus d’un niño je suis yvghnei ou ma capacité à m’adapter à la situation qui paraisse mal engagé. Le voyage aurait dû être long. Ereintant. Mais t'as toujours le choix d’améliorer ta situation ou de la critiquer .J’ai passé un bon voyage, 13H00 c’est une grasse matinée après une grosse charge. Allongé entre les chiots et le passage central à faire pâlir un roumain.

1 escale plutôt deux .Non trois en fait .je ne sais guère c’est obscur, je me souviens traverser les bidonvilles de mexico dans le soleil qui disparait.ca fou la trouille. Ensuite un ruban d’asphalte parfois illuminé par une ville .c’est le brouillard. Une famille nous échange quelques mots et quelques biscuits délicieux. Ils vont à Merida. De bananes séchées. Miguel donnent volontiers sa frontale à ce couple qui respire l’amour. Elle te manquera cette frontale. C’est sûr. Mais c’est le propre d’un vrai acte d’amour .Agir sans imaginer les conséquences. Miguel est un homme rempli d’amour.et puis il nous reste la mienne. A la descente du bus la petite fille de 10 ans arbre sa lampe comme un trophée. Madame nous offre quelques délicieux biscuits, monsieur nous tend sa carte, ses cordonnées son hospitalité. J’irais dormi chez vous m’a jamais vraiment fait vibrer. Var il est vraiment facile de se faire inviter chez les gens avec une caméra au poing .Fais le sans camera c’est aussi simple .Essaie, mais tu ne gagneras pas de pognon, tu resteras dans l’anonymat, dans la vraie vie, dans la vraie vie.

Oui je suis un peu jaloux car j’aurais pu faire cette émission et sur on se serait fait carrément moins chié. Mais c’est personnel. Il est si simple de faire juste plaisir.

Nous retrouvons à travers les escales notre Mexique. Enfin par mon Mexique mais celui qui nous plait. Fier libre un peu putride. Mais tellement plus chaleureux. Du coup la tension semble différente. Non en fait c’est le thermomètre qui monte. Une humidité dans l’aire, une moiteur extrême. Mais nous sommes loin d’imaginer l’incidence du climat sur les gens .j’ai toujours dit que le climat qui fait les gens. Le soleil entraine les roulades, les m’as-tu vu, le froid, les valeurs sures, le désert créer les économes.

Mais l’humidité ça sert à quoi ?

 

5 juin :

 

C’est un peu cela un peu comme si j'avais fumé 5 joints.

8 h du matin, le bus arrive a palenque.35 degrés, 80 pourcent d’humidité.et encore il fait bon, hier il a plu.

Je m’assois sur un bout de banc en ciment. La tête  entre les jambes mon teeshirt est déjà inondé. Je comprends que je vais souffrir. Il est de bon ton que personne ne vienne me parler. D’ailleurs personne n’est venu me proposer un hôtel ou un resto bon marché. Miguel qui craint moins la chaleur fait le reste, récupère mon sac. Voilà pourquoi tu comptes tes amis. T'as pas besoin de parler, les choses se font naturellement.il s’assoit à côté de moi sans même un mot, je tourne la tête sans la décoincé de mes genou. Il me regarde un sourire mitigé sculpté sur sa bouche. En fait le même qu’il arbore fièrement depuis qu’il est arrivé. Mais il veut tout dire son con de sourire. Tu vas en chier mais c’est cool. Non regarde ou nous sommes. Mon sac git à mes pieds. Je n’ai pas bougé depuis 20 minutes et je dois déjà changer de teeshirt.je me souviens même du teeshirt que je portais .décathlon vert pomme. Nous suivons un mouvement de touriste sans trop se méfier. Enfin nous sommes quand même à l’arrière d’un pick up et même l’air giflant mon visage n’arrive pas à me rafraîchir. On se plonge dans une espèce d’hôtel au milieu de la jungle, une petite  maisonnette en bambou bien roots .Bien roots… ??????C’est là où je chie à nouveau sur gloagen et son guide du routard, je ne reprends pas ces mots car nous n’avons plus le routard mais nous l’avons lu dans ceux de nos voisines. Quel rapport entre ce qui est écrit et ceux qui est reel.ROOTS ???????Le lieu le plus touristique que j’ai jamais vu de ma vie. Il suffira d’une soirée et une bière pour fuir ces lieux.

En fait le mot touristique n’est pas le bon. D’ailleurs pas de maux. C’est simple tu prends de riche promoteur qui construisent des baraques en bambous qui font rêver tous les camtards fumeurs de bedots d’Europe. Ils crachent le feu, des perçu, ils errent comme des fantômes, tu ne les vois pas la journée.et quand vient le soir leur dread locks se promènent dans les sentiers bien élagués parsemé de bougies. Anglais des français des gringos, qui se prennent pour des poètes des James Dean de notre siècle. Ils viennent juste claquer le fric à papa et maman. Tous ont un iPhone ou un ordi portable…ils me dégoutent.

Je me sens pas très bien.je me demande ce que je fous là. Je viens de me frotter au flux touristique. En fait j’ai oublié de préciser que je suis dans le village lounge le plus proche des ruines mayas de Palenque. Alors en fait ces rastas chéris vouent un culte à la culture et mode de vie maya. La lune le soleil, …en fait du sur fait, ils ont lu l’introduction du routard et basta, l’herbe et la bière est moins chère, ils n’ont pas besoin de bosser c’est ça qui les intéresse. Et c’est pour cela que je ne peux pas leur parler, ils mentent avec leur philosophie à de balle sur la protection de la planète, leur bouffe bio, leur anti capitalisme à deux balles, leur tatouages maori et leur anti américanisme extravagant. Ils ont qu’à dire qu’ils viennent là pour fumer moins chers.

Mais non, ils se prennent pour des ayatollahs de l'humanité. Et ils ne sont même pas capables de voir qu’ils sont les nouveaux esclavagistes les nouveaux conquistadors. Ils profitent du système qu’ils dénoncent. Ils profitent de la mondialisation, des différences nord sud.

La musique en vivo prévu ce soir ne me détend pas .les gens qui sont dans cet environnement ne me gêne pas ceux qu’ils pensent ne me gênent pas non plus .ce qui me dont la gerbe c’est que moi j’y sois.il n’y a aucun sens à être ici, aucune raison. A part le fait que l’issu du voyage me montrera qu’on peut construire son voyage comme on le souhaite, mais qu’il faut s’accrocher des oreilles au cœur pour que l’on puisse enfin s’entendre.

Une chose est sure, c’est qu’une fois que tous ces mauvais rasta maya se retrouveront à mexico, ou à l’aéroport, ils iront s’en filer un burger à mac do .On finit tous un jour par se filer un cheese burger.

 

Ils se sont perdu sur le chemin de leur liberté spirituelle, échoué, des esprits  errants entre ce qu’ils sont en réalité et ceux qu’ils pensent être. Il est dur d’être et de se comporter comme on voudrait devenir.je ne veux pas être assimilé à eux, je ne veux pas qu’on me voit avec eux.je ne veux plus être là .tout simplement. Je veux fuir.

Mais les ruines de Palenque sont là, à quelques heures de sommeil il parait qu’il faut aller voir cela.et le spectacle est au niveau de sa réputation. Ils ont bossé les mayas. Émergeant de l’épaisse jungle, monument se faisant face et se dominant s’extirpent des griffes des verdures. Le livre de la jungle.

Il est 7 h00 du matin. Nous avons devancé la ruée des rasta touristes. Ce dimanche, encore plus car le gouvernement mexicain offre l’entrée à tous ces concitoyens. J’imagine que la république de France offre le Louvre à tous les français le dimanche pour favoriser la culture pour tous.

Nous on a les églises d’ouvert le dimanche. Le temps ici n’a pas eu d’impact.il est difficile de décrire ces ruines et le meilleur moyen est d'y aller .je vous jure que ça vaut le cout. Nous rentrons dans notre cabane au fond du jardin .La sensation d’être tous sauf à ma place me colle à la peau. Nous passerons la dernière soirée dans le centre de Palenque  sur le Zocalo. Il est 22h OO, un dimanche soir sur la terre, à la croisée des chemins des destins. Les rastas ne sont pas là .mais le Mexique lui à rendez-vous avec nous ou l'inverse. Le bal hebdomadaire fait descendre les gens dans la calle, le son de la marimba nationale fédère les couches sociales.4 messes se sont succédées aujourd’hui, qu’Eglise étant trop petite pour accueillir tout le monde d’un coup. Miguel est assis près d’un vieil homme ; j’échange quelques mots avec une fille ou une fille homme enfin je ne sais pas en tout cas, une créature au sein sulfureux. L’espagnol lui vient comme se développe sa curiosité. Beaucoup de gens ont du mal à apprendre une autre langue. C’est parce qu’ils ne savent pas pourquoi ils le font. Il faut être un communiquant aimer l’échanger le désirer au point d’en apprendre une langue. Vous pouvez visiter le Mexique sans parler un mot d’espagnol .et 80 pour cent des gens le font ainsi .C’est un peu comme quand tu n’arrivais pas à retenir tes leçons au collège c’est parce que tu ne comprenais pas à quoi cela servait.

J’ai la chance d’être un communiquant.et les mots me viennent aisément, un espagnol de fils de pute de chauffeur de taxi. Et Miguel en plus de l’espagnol bourracho commence à communiquer .Peu importe les mots, le vocabulaire, la grammaire, les mains. J’ai un œil sur ce banc ou il échange avec ce vieil homme et l’autre sur les seins de madame.

Le vieil homme parait un peu vagabond, castriste, beaucoup p humaniste et il conclura désormais par le célèbre : si tu quieres tu puedes. Nous quitterons Palenque sur la pointe des pieds évitant les tours organisés pour rejoindre le Guatemala par nos moyens et non sans émotions. Il faut l’avouer.

 

7 juin 2010 :

 

Si tu quieres tu puedes.

Si tu veux tu peux.

Alors on va reprendre les chemins de traverse et à jamais quitter le bitume pour vivre ce que je veux.

Je me déleste de mon duvet, ma polaire Columbia que j’affectionne particulièrement. Mais j’ai vite compris que je l’utiliserais plus. Une femme de ménage sera ravi .Mais je ne comprends pas bien à quoi elle pourrait lui servir. Tous se vend et tous s’achète tout cas elle était plus que ravi elle était heureuse.

Vamos por Guatemala. Vous croyez que c’est simple que tous s’est déroulé ainsi.

Tout Est un peu flou. Il est simple de quitter le Mexique pour le Guatemala .Tu rentres dans la première agence de traveler et il t’organise tout le bus qui vient te chercher à ton adresse, qui te fait passer la frontière presque sans descendre du bus et te dépose à ton hôtel au Guatemala. Mais tout le monde a compris que ce n’est pas bien ce que nous voulions avec miguelito. Ce qu’on veut s’est partir d’ici. Et  poursuivre droit devant. Donc comme je disais tout est un peu flou. Il faut prendre un bus, enfin un microbus, de palanque pour aller à frontera corozal au bord du fleuve Usumacinta, frontière naturelle entre le Mexique et le Guatemala. De là tu montes dans une lancha (une barque motorisée redescendre le fleuve pendant 45 minutes arriver à Bethel (Guatemala et un bus direction flores.Ca c’est la theorie. Mais on ne sait rien de plus.

Apres biensur les tours vous organisent tout ça pour quelques euros de plus peut-être moins cher même, mais ils t’enlèvent te volent le sentiment fondateur du voyage, l’inconnue.

En fait dans ce projet il faut juste trouver les postes frontières pour être un peu en règle et éviter les emmerdes même si je pense que aujourd’hui j’aurais pu oublier les postes frontières cela n’aurait rien changé.

Et quand tu pars le matin dans le bus , enfin micro bus tu te dit ça va être folklorique surtout que la femme assise à cote de la fenêtre ne l’ouvre pas et qu’elle n’ a pas l’air de vouloir le faire que tout le monde sue comme c’est pas permis mais que personne ne dis rien et en pense pas tant. Imaginez bien qu’à un moment j’ai bien fini par lui dire avec ma gueule de con por favor !!!!

Hésitation marié à l’insouciance. Des moments inoubliables .Ces quatre hommes qui se concertent pour savoir dans quelle barque on va monter. Ce n’est pas toi qui choisis. Je quitte le Guatemala. Cette jeune fille qui attend à notre descente pour changer mes pesos mexicains. Mais suis à Bethel ? OU vais a attendre mon bus .Y rien ici. Un bus ? Quel bus pour flores oui vers …il va passer au bout de la route je l’appelle quand il passera. Suis à Bethel ?

Je ne suis plus au Mexique. Je ne suis plus au Guatemala légalement. Si c’est le moment de disparaitre à jamais il faut le saisir. Ou plutôt si tu veux t’éclipser de ce monde merdique j’ai trouvé cet endroit. Des sensations qui proviennent d’une peur qui me semble tout occidentale. Dans ma tête les 4 balafres vont me foutre dans un trou la jeune fille me voler mes billets .Nous sommes des racistes .Pourquoi ai-je peur. Alors que je vais juste de là à la et l’inconnue se transforme en peur, et je doute sur la bonne nature de ceux que je rencontre .Suis-je ainsi. Et oui .alors conscient tu te détends et tu attends.et bien sur tu es Bethel, les quatre hommes que tu as payé pour passer le fleuve Ont été réglo la jeune fille qui ta fait le change tas pas trop arnaquer et le bus pour flores est bien passé au coin de la rue. Et toi pendant tout ce temps tu avais peur. Peur .Je voulais solennellement présenter mes excuses à ces gens. Mais c’est de ce genre d’expérience que tu deviens un autre errrant. Que tu approches ceux que tu souhaites être.

Tu tes arrête au bureau d’émigration .Tas juste un peu perturbé le douanier qui a même pas regardé ton sac et encore-moi ton nom sur le passeport .Si tu veux passer un gros sac de buez c’est l’endroit idéal !

Ces réflexions sont la conséquence de l’autonomie dans le voyage et un guide au fond du sac vaut mieux qu’un lonely dans la poche. Des sacerdos dans lequel on s’enferme pour se rassurer. Le meilleur guide est celui qui habite ici qui travaille ici qui est acteur de son territoire .Le trajet jusqu’à flores est rentre dans l’histoire .Un collectivo. C’est un bus du peuple de 16 places. Qui suit la route d’un point à un autre. Un chauffeur et son aide qui encaisse, tu montes n’importe où tu descends n’importe où et tu paies en fonction du nombre de kilomètre .Ça monte ça descend. Tu te pousses te levé laisse passé te frotte te cale au fond tu descends tu remontes pour laisser passer.ca dure des plombes tu changes de voisin de voisine, des écolières en uniforme des travailleurs des indiens, deux chiens, un mec bourré un perroquet, une joie dame un fonctionnaire, un père et son tout petit bonhomme. Un sacré beau bordel.

Mais nous sommes des hommes pareils.au réalité un peu differente.et comme habitude tout roule. Juste un moment où j'ai suffoqué de chaud on était 24 la dedans à faire pâlir des sardines. Alors qu’en tu arrives à santa Elena (ce qui est pareil que flores mais je m’apprendrais plus tard.) j’assiste à la première guerre des chauffeurs de taxi, qui se battent pour obtenir la course.et nous arriverons à flores pour cette petite auberge, conseil d’un ami de passage. Déception une fois de plus .Anglais australien américain .Allongé dans des hamacs aligné dans une ambiance root ça sent le shampoing frais des filles babs qui sortent de la douche, l’encens qui embaume. Tous arborent leur plus belle tenu, certains flirtent, d’autres se balancent dans des hamacs bien alignés et surfent sur le web via leur ipad ou leur iPhone. Et bien sûr il faut paraitre le plus cool possible .décontracte et tout et tout .J’ai pas changé de tee shirt depuis trois jours j’ai une gueule pourri je n’ai pas envie de changer de tee shirt je n’ai pas envie de parler anglais je n’ai pas envie d’être le frenchi du groupe et écoute parce je suis celui qui reste le plus longtemps sur la route et devenir un autre que moi .Je ne sais rien de cette aventure .pourquoi .jusqu’à a quand dans quel but. Miguel parle pas anglais et lui il ne veut pas se laver. Et il se souvient plus .a si on s’est lave dans le lac avec le savon qu’un ami là pour prendre son bain avec sa chérie. Nous a prêté .on est pas si sale finalement mais c’est sur on a bien tente de nous adresse la parole. La jeune fille du dortoir, elle a compris qu’on ne rentrerait pas en communication, on a dû passer pour des cons. Mais tant pis. Le climat est comme a Palenque et j’en chie je sue .Masi la présence du lac change toute la donne et on va se baigner fréquemment. En bord de lac des restaurants huppés genre promenade du Lavandou. Servent des salades composées mixant fruit et légume sans saveur ni piment Jaime le Guatemala polychrome et moins le monochrome de cette auberge. Pour l’histoire flores est une ville coloniale sa voisine santa Elena est sa jumelle historique guatemaltaise. Flores c’est de jolie maison aligné au balcon fleuri construit à l’époque par les conquis adorent .Et santa Elena  c’est la vie c’est le peuple et notre balade de l’après-midi dans le marché bruyant odorant, qui pourrait paraitre bordelique enfin un marché quoi nous rappellent que le peuple guatemaltais n’est pas loin .Mais je ne suis pas avec et cela me pause un sacré problème de conscience.

 

8 juin :

 

Nuit dans la belle petite auberge. Merditude des choses .parfois ça te suit. Ta condition te colle à la peau. Mais le voyage commence et j’apprends lentement les pièges à éviter pour voyager plonger dans le bois brut. Dans le monde secret de l’homme.

J’ai compris une chose .Pas de guide.

Ne pas écoutez les autres touristes.

Ne pas craindre car la crainte, c’est la peur.

Bon il me reste un peu de temps jusqu’ au panama. Il me faut donc appliquer ces règles.

Pour vivre l’aventure bien sur cette liste est non exhaustive et le voyage prend son sens chaque jour. En fait je ne sais pas très bien ce que je veux mais je sais surtout ce que je ne veux pas et c’est déjà mieux que pas grand-chose.

Et c’est cette auberge qui est pour moi le symbole d’un voyage raté, qui va faire résonner toutes les aventures qui vont suivre.

Tikal est la cité Maya par excellence capitale du monde maya.

Et bien à appliquer les préceptes cité au-dessus, on a loupe le bus de neuf heures. Avant ça aurait été merde fais chié. Aujourd’hui ben on va prendre celui d’après.

En fait pour éclaircir cela beaucoup de personne en lisant vont dire, oui ça va je suis  cool je m’énerve pas parce que e j'ai loupe un bus. Mais attention à ne pas se méprendre. Bien sûr que vous ne klaxonné pas quand la voiture devant ne démarre pas au quart de tour quand le feu passe au vert. Mais la question est klaxonnerait vous le jour où vous êtes énervé pressé ou simplement mal luné. Bien sûr que j’aurais jamais Pete un plomb en loupant un bus au Guatemala en vacances. Mais aurais pète un plomb si j’avais loupe un train en gare saint Charles parce que le mec na pas démarré au feu vert et c’est la minute qui m’a fait manquer ce putain de train.

Le tao, la voie…le calme et la sagesse acceptée que les choses soit ainsi et pas autrement.

Mektub, je crois.

Du coup on mange un morceau dans clé petit marché de santa Elena et je crois que je cherche à acheter une aiguille.et on a pris le bus. Simple.

T’as traverse le profond Guatemala tu t’enfonces dans la jungle épaisse .vous savez la jungle de mowglie ben oui celle-là !tu descends du bus il est 15 heures. Tas décide de tracé ton chemin toi-même, mais faut quand même dormir ce soir dans cette jungle. Bien sûr n’allez pas croire qu’il n’y a spas deux hôtels à l’entrée des ruines mais le ca dépasse nos budgets. La plupart des gens viennent la journée et entament la visite vers 10 heures. Voilà pourquoi nous sommes sur place le soir même, pour acheter les billets et se faufile et à l’aube à travers la brume et les secrets.

Ya deux américaines, on n’a pas fait l’effort.

Il reste deux irlandais qui purent autant que nous.

Et puis ya quelques guatemaltais qui tapent dans la balle.

Miguel installe sa tente au milieu d’un près en pleine jungle, et moi mon hamac et sa moustiquaire. N’allez pas croire que je dors au milieu de la jungle en fin si mais l’immense terrain vague ou nous sommes est une aire aménagé grande comme 6 terrain de foot pour accueillir les campeurs. On est quatre. Les américaines ont rejoint un hôtel.

On est vraiment bien installé. Sans rien.

Les choses que tu possèdes finissent par te posséder bien nous ont a rien.

Les footballeurs s’agitent.

Les lois du foot sont impenetrables. Hautes herbes 18 guatemaltais, 2 irlandais, 2 français. terrain quatre, en meme temps les mecs avec qui on joue sont tous en jean et Caterpillar.

Et que vive le football celui qui me fait rêver avec des types qui courent comme des dératés. le plaisir loin du tumulte d’une coupe du monde sud-africaine que la Fifa s’évertue à rendre colorée et passionnée. Et les quartiers de Johannesburg crèvent la dalle. Et je vous parle pas de ce bus .On est bien loin de tout ça !

Que des amis que des collègues pas de cono. Premier ballon, je le vois arriver, contrôle, me couche volé du gauche, un zéro et tu casse l’ambiance. Miguel gardien de métier retrouve ses cannes. La partie se finit à la nuit, sur un but en or, et l’ambiance est monté d’un ton on laisse les trainés les Caterpillar. Personne n’aime perdre même à Tikal Guatemala. Mais ça finit sur une franche rigolade. Et la quand ils sont tous partis. Que toi tes tous transpirants, tu te retrouves seul au milieu du terrain enfin de la jungle que tu ne vas pas te laver que tas pas manger que tas rien e bouffer que tu as la dalle. Tu te dis .en fait tu commences lâchement et lentement a oublié ton frigo bien rangé avec le bac à légume, l’organisation, les courses c’est vendredi soirs. Tes boites de couscous qui s’empilent dans le placard .Ma mutation a commencé .A qui ça sert tout ça.

J’ai les bras balan j’aperçois à peine mon hamac de l’autre cote du terrain.je levé la tête la nuit chasse le jour. Qu’est que j'ai foutu .ces derniers années. A lutter pour un meilleur travail, une plus belle télé, une plus grande voiture et plus fort que tous la reconnaissance d’un travail valorisant. Repondre aux espoirs de tes parents. Putain !

Et là il te manque quoi éclairé par cette nuée de luciole…qui te guide sur le chemin de ton hamac

Et comme tout est simple, on peut rincer notre corps suant dans une espèce de douche, et au bout une chaumière sert à diner pour échanger quelques sourires.

Une heure après, je suis allongé dans mon hamac à écouter le cœur de la jungle battre la chamade au milieu de ruine de plus de 10000 ans. Le temps et l’espace sont vraiment des concepts étranges .je ne crois pas avoir beaucoup  pensé ce soir la avant de m’endormir. J’ai regardé le ciel longtemps. J’ai regardé souvent derrière moi aussi, parce que j’ai eu un peu la trouille aussi !!

La nuit tous les chats sont gris  même les pumas. Je ressens le cœur de la jungle dans le fond de mon cœur, cette expérience est extra sensorielle, presque divinatoire. Chamanique. Le hamac se balance, mon corps et  mon esprit ne font plus qu’un et se sentent à l’endroit précis ou ils ont envie besoin d’être.

Je crois que la mutation de mon moi à commencer et quand vous avez commencé ce type de voyage, rêvé puis vécu ce genre d’expérience pouvez-vous revenir à une vie que l’on pourrait qualifier de normale.

 

9 juin :

 

Ce n’était pas un réveil est cinq heure du matin. Je ne sais pas qui pourrait m’expliquer mais dans cette partie du monde la répartition jour nuit est differente. Jour très tôt nuit très tot. J’ai l’impression que ça correspond mieux à mon métabolisme.

Il est 5 heures, la brume se dissipe .La jungle s’est tu quelques heures. Comme endormie, et elle reprend son effervescence avec l’apparition des premiers rayons du soleil.

Nous ne sommes pas  nombreux et j’ai l’impression d’ailleurs vous aussi que je suis seul dans ce voyage. Mais non Miguel est toujours l’appréciant à sa mesure l’incroyable spectacle que nous mettons en scène chaque jour.

Quand je dis à sa mesure c’est qu’il est ce matin le seul avec Dédé marmounier qui apprécie ce moment comme je le savoure. Mais nous ne nous parlons guère .il n’est plus necessaire. No nécessita hablar mucho.

En fait on n’est pas nombreux, on n’est seul et nous sommes accueillis par les deux gardes qui surveillent l’entrée avec des fusils à pompe rutilant. Tu te demandes ou ils dorment, ils sont tous sourire beaux comme des sous neufs. Mais avec ceux fusils à pompe.

Nous entrons en même temps que les gardes footballeurs du parc de 18kilometres carrée de jungle. Palenque c’était vraiment pas mal.

Mais là c’est la champions league.

Vous voyez sans doute le moment ou mowglie dans le livre de la jungle se retrouve chez le roi des Oran outang. Ben voilà pour écrire ça, il a dû venir ici le bon Walt.

Nous avançons sur les chemins entretenus par nos amis footballeurs, plongé inondé de vert humide moite ou traverse difficilement les rayons du soleil déjà bien haut et chaud. Si on va m’amener ici pour m’expliquer la photosynthèse.

Des animaux dont nous ne connaissons pas les noms traversent çà et là les chemins, un peu comme les écureuils de Hyde parc.

Deux immenses vestiges du temps trônent au milieu d’une esplanade ou la jungle  a déserté. Elles se font face rappelant la dualité persistante de la culture maya .La lune et le soleil. Presque 75 mètres de haut, un petit escalier de fer nous permet d’en atteindre le sommet et sortir la tête de cette foret et inspiré un grand bol d’oxygène pur .si pur.

Différence de température, de sensation, d’odeur, juste parce que nous sommes un peu plus haut.

Nous nous asseyons les pieds dans le vide et les yeux dans l’horizon. Le cul posé sur ces vestiges d’une civilisation évoluée, florissante, douée en math, astronomie, littérature, structuré socialement, qui a par le commerce eu main mise sur toute la méso Amérique pendant 8 siècles.

Tout allait bien et peuvent ils sont arrivés les CON QUI S A DORENT Trois milles environ et leur chef de guerre non moins connu que cruel Hernan cortes.4 ans après leur civilisation, évangélisé, détruite, torturé disparait.

Une nouvelle ère commence pour ces indiens d’Amérique, le cauchemar qui n’est toujours pas fini.

Le début du plus grand génocide que toute l’humanité est connu. Tant dans la durée, que dans le nombre de victime.et  si nous regardons aujourd’hui la place des indiens dans la société, ce génocide est-il terminé. Non bien sûr on ne les tue plus mais on les maintiens dans une forme de précarité qui pourrait croire qu’on voudrait les faire disparaitre définitivement.

Ya-t-il eu un procès pour tous ces assassins comme les nazis ont eu Nuremberg. L’impunité.

Toutes les églises qui trônent dans les villages sur toutes les places sont la conséquence de ce massacre. Dont je suis l’héritier, le descendant. J’ai honte. J’ai honte les pieds dans le vide les yeux dans l’horizon.

Nous avons détruits quelque chose de beaux des constructions qui avec les moyens de loque relevé du génie et de l’esclavage,  simplement parce qu’ils n’étaient pas à notre image. Nous les avons anéantis nous Orcidents chrétiens mal baisé parcequ'il était différents.

Juif palestinien, tout tutsie, l'humanité est meilleure pour reproduire ces conneries que pour reproduire ces bienfaits. Et les yeux plongés dans l’horizon du Guatemala .J’ai honte.

Putin ils ont bossé les Mayas.

La rencontre avec le monde maya se perd dans la jungle et dans la nuée de touriste qui arrive sur le site quand nous le quittons. Nous quittons notre toit de végétation surveillé par des hordes de singe hurleur qui se fende les cordes vocales.

De singes araignées sveltes qui semblent nous regardé partir comme en disant bon débarras encore certains qui se croient différents des autres, ceux sont eux les vrais gardiens du temple sans armes.

Nous démontons le campement à tout hâte avalons un petit dej et sautons dans le premier bus qui redescend vers Flores et la civilisation. Ici comme partout en Amérique centrale ou Amérique du sud il n’y a pas de problème. Et même quand je dis au chauffeur qui amarre mon sac sur le toit, je n'ai pas peur qu’il tombe j’ai plus peur qu’il pleuve, il ne répondra pas de problème, il ne pleuvra pas et puis s’il pleut je m’arrêterais. Je n’ai même pas relevé, puisque vu qu’il est possible de faire rentrer les hommes et les sacs dans le bus, les sacs resteront sur le toit. Maintenant il fallait espérer qu’il ne pleuve pas. Mais l’espoir ici fond au soleil surtout pendant la période des pluies.

Pour un mec sur la route le vêtement mouillé c’est quand même le pire. Et puis cela ne change rien puisque bien calé au fond du bus, je m’aperçois rapidement qu’il pleut aussi à l’intérieur .Donc finalement pas de regret, et comme toujours il n’y a pas de problème finalement.

Tikal est derrière moi, j’y reviendrais mais je ne le sais pas encore.

Nous fuyons Flores pour un hôtel 100 pourcent gualtemaltais avec sèche-linge, car nous sommes des éponges sans le spongex.

C'est presque terminé pour mon ami Miguel. Il le ressent à croquant dans son dernier repas

 

 

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